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Accommodements religieux : Couillard remet en doute le consensus des partis d'opposition

Philippe Couillard, qui a amorcé samedi une série de 13 colloques avec les militants du Parti libéral du Québec (PLQ) sur le développement économique en région, a remis en doute le consensus des partis d'opposition à Québec sur les accommodements religieux.

Si le premier ministre souhaitait surtout discuter avec ses militants de développement régional, l'enjeu des accommodements religieux a pris beaucoup de place samedi.

Les dirigeants des trois partis d'opposition à Québec montrent un front uni depuis quelques jours sur les accommodements religieux. Ceux-ci souhaitent interdire le port des signes religieux visibles pour les personnes en position d'autorité comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor.

Or, selon le premier ministre Philippe Couillard, ce front commun comporte des fissures. Le premier ministre du Québec a déclaré que la position officielle du Parti québécois (PQ) ne semble pas faire l'unanimité au sein des militants de ce parti.

Lors d'un point de presse, il a cité en exemple une poignée de jeunes péquistes qui ont soumis samedi une proposition au congrès du Comité national des jeunes du PQ pour « interdire aux employés des secteurs public et parapublic pendant leurs heures de travail de porter tout signe religieux visible en incluant une clause de droit acquis ». Une telle proposition reviendrait essentiellement à ce que défendait le Parti québécois lorsqu'il avait présenté sa controversée charte des valeurs, en 2014, a dénoncé le premier ministre.

Je vois que le consensus même dans les partis politiques n'existe pas. Le Parti québécois parle de la charte encore aujourd'hui. C'est à eux d'expliquer pourquoi il fallait faire cette charte-là. On connaît les impacts qu'elle a eus sur le Québec.

Philippe Couillard

« Ce qui est apparent ici, c’est le choix des thèmes. Deux partis [le PQ et le PLQ] se réunissent en même temps. Un pour parler des vrais enjeux qui sont importants pour le monde : la faculté de médecine, la route 50, la création d’emplois, l’enseignement collégial […] L’autre qui essaie de déterrer un enjeu qui crée de la division dans la société », a déclaré Philippe Couillard.

Pour ce qui est de la Coalition avenir Québec (CAQ), M. Couillard a tenu à rappeler que le parti avait laissé entendre que l'interdiction du port de signes religieux pourrait s'élargir à d'autres professions.

« Ils nous annoncent déjà qu'après, ça va être les enseignants et pourquoi pas, sur la plage, aller voir comment les femmes vont se baigner. Je m'excuse, mais il y a un test de réalité », a-t-il affirmé.

Et le PLQ?

Si le message d'unité entre les partis politiques s'est effrité depuis le funeste attentat dans une mosquée de Québec, le premier ministre a semblé rejeter toute responsabilité.

« Nous, on a toujours été très clairs depuis plusieurs années. On a toujours dit : "on va encadrer les accommodements, on va légiférer sur la question des visages [à découvert]" et c'est ça qu'il faut faire. Il ne faut pas aller plus loin, ça suffit », a-t-il expliqué.

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a par ailleurs affirmé que son parti a toujours prôné l'intégration des immigrants.

« Ces jours-ci, tout le monde va dire qu’il est tolérant et inclusif. Le test sera dans deux, trois, quatre ou cinq semaines... dans deux ou trois mois et dans deux ou trois ans. On voit que le naturel revient parfois au galop. Mais notre naturel à nous n’a jamais été loin. Il a toujours été là. Parler d’ouverture et d’inclusion. Dire qu’il y a un avenir pour toutes les personnes qui veulent façonner l’avenir du Québec », a dit Philippe Couillard.

Les défis en région

Par ailleurs, au cours de sa rencontre avec les militants libéraux à Gatineau samedi en matinée, le premier ministre du Québec s'est engagé à élargir l'autoroute 50 et promet d'ajouter ce projet au Programme québécois des infrastructure pour qu'il puisse devenir réalité. « Il y a une partie de la route qui a été faite à quatre voies, mais il reste en bonne partie qui est juste à deux voies où il y a taux d'accidents qui est élevé », a-t-il expliqué. Il n'a toutefois pas fourni d'échéancier clair, mais a souligné que cela sera effectué « par phase ».

Le chef du PLQ s'est ensuite rendu en fin d'après-midi à Longueuil.

Ces colloques, qui ont pour thème « Des régions fortes, un Québec audacieux », permettront notamment au PLQ d'aborder les défis du 21e siècle en région.

Les militants profitent également de ces colloques pour célébrer le 150e anniversaire du Parti libéral du Québec.

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