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Accord Ontario-Premières Nations : enthousiasme mitigé

Le gouvernement de Kathleen Wynne a annoncé jeudi des accords « historiques » avec 32 des 126 Premières Nations de l'Ontario sur le partage des ressources naturelles. Mais si les Premières Nations concernées accueillent favorablement ces ententes, de nombreuses questions demeurent.

En vertu de ces accords, la province partagera avec 32 Premières Nations, représentées par le Grand conseil du traité numéro 3, le conseil tribal Wabun et le conseil Mushkegowuk, 45 % des recettes provenant des droits de coupe, 40 % de l'impôt minier annuel et des redevances annuelles de mines actives au moment de la signature des accords, et 45 % des recettes des mines futures.

L’argent perçu « va faire la différence », estime Jonathan Solomon, le grand chef du conseil Mushkegowuk, qui représente sept Premières Nations du Nord-Est de la province.

Mais le grand chef veut toutefois rester prudent. « J’espère que le gouvernement ne va pas venir et nous dire : "Vous obtenez déjà tel montant d’argent issu des ressources naturelles, donc vous n’êtes pas éligible pour telle subvention" », explique-t-il.

Il rappelle que cet accord vise à restaurer une partie des « revenus et des richesses qui sont prises aux territoires représentés par le conseil Mushkegowuk ».

Jason Gauthier, le Chef de la Première Nation de Missanabie Crie qui a participé aux négociations pour le compte du conseil Mushkegowuk explique qu'elles ne se sont pas concentrées uniquement sur l’aspect financier.

« [L’argent] est vraiment important, mais je ne pense pas que la réconciliation soit quelque chose de fermé. Je pense que c’est un processus qui demande d’avancer et dans lequel nous continuons de faire des pas dans la bonne direction », développe-t-il.

Au cours de l'année fiscale 2016-2017, le gouvernement a reçu 57 millions de dollars en taxes et royautés de la part de l'industrie minière et 42,3 millions de dollars de la part de l'industrie forestière.

Une grande partie de la province exclue de ces accords

Si les Premières Nations concernées soulignent l’avancée que représentent ces accords, ceux-ci ne s’appliquent pas à tout le territoire ni à tous les acteurs de l’industrie minière et forestière.

Seulement 17 des 38 mines en opération dans la province font partie de ces accords.

La région du Cercle de feu, à 500 kilomètres au nord de Thunder Bay, connue pour ses gisements en cuivre et nickel ne fait pas partie de cet accord.

Même chose pour la région de Sudbury qui abrite pourtant plusieurs exploitations minières.

Interrogée sur ce sujet, Nathalie Des Rosiers, ministre des Richesses naturelles et des Forêts, espère que ces premiers accords vont inciter « d'autres communautés à s'allier » au gouvernement.

La question du partage entre Premières Nations

Le partage de ces revenus entre les Premières Nations sera un autre défi auquel les communautés concernées devront s'atteler, estime le grand chef Jonathan Solomon.

« Il a plusieurs enjeux qui vont se poser, notamment celui de savoir comment partager nos territoires. Je pense que les Premières Nations vont parvenir à trouver une formule pour savoir comment distribuer l'argent de ces ressources entre elles », conclut-il.

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