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Accueil mitigé face au remaniement ministériel

Scepticisme chez les uns, satisfaction chez les autres, le remaniement ministériel effectué par le premier ministre Philippe Couillard jeudi ne fait pas l'unanimité. Les représentants des entreprises, des syndicats et de l'éducation, notamment, ont rapidement tenu à rappeler leurs revendications aux nouveaux ministres.

Plusieurs groupes, qui ont accueilli favorablement la nomination des nouveaux ministres avec qui ils devront collaborer, ont souligné l'expérience de ceux-ci, ainsi que les bons rapports qu'ils ont entretenus avec eux. C'est le cas, notamment, de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), qui a assuré son « entière collaboration » au nouveau ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux. La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) a, quant à elle, parlé de la ministre Lise Thériault comme étant « une femme d'action qui connaît très bien les enjeux et la réalité des petites et moyennes entreprises ».

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, de son côté, a semblé satisfaite de la nomination de François Blais au ministère de l'Emploi, mais « a des réserves » sur le nouveau ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, avec qui les négociations « avaient été longues et ardues » lorsqu'il était président du Conseil du Trésor.

La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) a commenté moins la nomination de Martin Coiteux à la tête de la Sécurité publique que le mandat qui lui a été confié, soit de fusionner le ministère des Affaires municipales et celui de la Sécurité publique. « Bien que la FPMQ ait plusieurs réserves concernant les coûts et l'opérationnalisation de ce mandat, nous offrons notre collaboration pleine et entière au nouveau ministre », a indiqué le président de la Fédération, Denis Côté.

Différentes réactions du milieu de l'Éducation

La majorité des réactions concernent le ministre Pierre Moreau, qui s'occupera du ministère de l'Éducation. La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a semblé plutôt satisfaite de sa nomination. Elle souligne que M. Moreau « a démontré beaucoup de leadership dans ses fonctions ministérielles précédentes ».

La présidente de la FCSQ, Josée Bouchard, a toutefois demandé la suspension des travaux concernant le projet de loi 86 sur la refonte des commissions scolaires pour que le nouveau ministre « se familiarise avec le réseau de l'éducation ».

Du côté de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), celle-ci a plutôt fait preuve de scepticisme concernant cette nouvelle nomination et n'a écrit qu'une seule ligne dans son communiqué de réaction : « Cette fois-ci doit être la bonne ».

Pierre Moreau est le troisième ministre de l'Éducation en deux ans. En entrevue à ICI RDI, le président de la FAE, Sylvain Mallette, a expliqué que la Fédération s'attend à ce que M. Moreau assume ses responsabilités et assure un esprit de commandement en matière d'éducation.

M. Mallette a également ajouté que M. Moreau doit adopter une attitude différente de celle qu'il avait lorsqu'il travaillait au ministère des Affaires municipales. « Le ministre doit écouter et faire preuve d'ouverture, mais surtout, il doit ramener à l'ordre les idéologues et les pédagocrates du ministère de l'Éducation qui encombrent les corridors et qui nous empêchent de faire le travail comme on voudrait le faire pour être capable d'aider les élèves », a-t-il déclaré.

La Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec voit plus négativement l'arrivée de Pierre Moreau en Éducation. Selon la présidente du syndicat, Caroline Senneville, M. Moreau « trahit la difficulté du gouvernement libéral d'accorder toute l'importance que requiert ce secteur et son manque de vision pour l'éducation au Québec ». 

Doute sur la prospérité économique

L'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) est également sceptique quant au remaniement qui se veut un « nouvel élan vers la prospérité », selon les dires du premier ministre Couillard.

« Le premier ministre peut bien annoncer la fin des compressions, mais quand le gouvernement décide de couper dans un programme, les effets de ces compressions ne sont pas immédiats », a déclaré par voie de communiqué le chercheur à l'IRIS Philippe Hurteau, en ajoutant que rien ne laisse présager un avenir radieux au niveau de l'économie.

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