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Accusé de trahison depuis 1885, le chef cri Poundmaker sera blanchi

Le gouvernement fédéral a annoncé la disculpation prochaine du chef cri Poundmaker. Ce dernier a été condamné pour trahison après la Rébellion du Nord-Ouest en 1885.

Un texte de Justine Cohendet

Le leader Pîhtokahanapiwiyin, plus connu sous le nom de Poundmaker, est encore aujourd’hui considéré comme un traître par le gouvernement canadien, près de 132 ans après sa mort.

Il est temps que la justice soit rendue, affirme James Daschuk, professeur à l'Université de Regina, spécialiste de l'histoire et de la santé des peuples autochtones.

La Première Nation de Poundmaker demande à Ottawa d'innocenter leur chef depuis plusieurs décennies. Après une longue attente, le gouvernement a annoncé dans une déclaration écrite qu’il allait accéder à cette requête.

« Le processus [de disculpation] devrait commencer sous peu. Nous sommes impatients de travailler à la réalisation de cet objectif avec le chef Antoine et la nation crie de Poundmaker », peut-on lire dans cette déclaration.

Jeté en prison en 1885

La condamnation pour trahison du chef autochtone remonte à la rébellion de 1885. Inspiré par le succès de Louis Riel, le chef Poundmaker avait emmené ses troupes à Fort Battleford, aujourd’hui situé en Saskatchewan, pour négocier avec l’agent indien en place.

En réponse, le colonel William Otter a envoyé ses troupes pourchasser les Cris dans leur réserve, mais les forces gouvernementales ont dû battre en retraite.

Le chef Poundmaker, qui avait demandé à ses soldats de ne pas poursuivre les soldats du gouvernement canadien, a été jeté en prison pour trahison aux côtés de deux autres chefs autochtones.

Emporté par la tuberculose

« [Les chefs autochtones] ont été emmenés en prison à Stony Mountain, au Manitoba », raconte le professeur James Daschuk. « Poundmaker, Big Bear et le chef One Arrow sont tous ensuite tombés malades, atteints de tuberculose. On les a sortis de prison avant qu’ils meurent, »

Selon James Daschuk, l’attaque contre les leaders autochtones était planifiée par le gouvernement. Celui-ci serait en partie responsable de la mort de Poundmaker.

« Les mettre en prison était un grand défi pour le gouvernement, pour contrôler le reste de la population », explique-t-il.

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