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Achat de 18 Super Hornet : une solution « intérimaire » de 5 milliards de dollars

EXCLUSIF - Le gouvernement Trudeau a amorcé des pourparlers avec Washington à propos d'un achat de 18 avions de chasse Super Hornet de l'avionneur Boeing.

La mesure, qui se veut une solution provisoire pour soutenir la flotte vieillissante de CF-18 de l’Aviation royale canadienne, coûterait de 5 à 7 milliards de dollars pour la durée de vie des chasseurs, selon des données du ministère de la Défense obtenues par CBC de sources requérant l’anonymat.

Les données, qui demeurent préliminaires, sont toutefois appuyées par le service du budget du Congrès américain.

Boeing a confirmé à l’équipe de CBC News, qui a eu accès aux installations et aux sites d’entraînement du manufacturier, que le gouvernement canadien avait amorcé des discussions avec le Pentagone pour un achat de ses avions.

L’achat de 18 chasseurs, annoncé l’automne dernier, doit pallier ce que les libéraux fédéraux décrivent comme un urgent « écart de capacité ».

Le gouvernement libéral a déjà indiqué qu’il souhaiterait voir le premier avion être livré en 2019, une année qui coïncide avec la prochaine élection générale canadienne.

De son côté, Boeing attend de recevoir une lettre d’intention du gouvernement canadien avant de parler d’un échéancier ou d'une éventuelle date de livraison. Cette lettre d’intention doit être soumise au Pentagone au cours des prochaines semaines.

Le vice-président du programme de F-18 chez Boeing, Dan Gillian, soutient que la société étudie la façon dont elle pourrait insérer la production des avions canadiens dans celles des appareils produits pour les États-Unis et le Koweït.

Boeing produit deux Super Hornet par mois.

« Nous croyons être en mesure de produire tous ces avions à temps pour satisfaire les exigences de notre client », a déclaré M. Gillian. « Nous devrons peut-être augmenter la cadence de production, mais c’est très faisable. »

Les coûts de la solution temporaire

Le premier ministre Trudeau a promis, en campagne électorale, de ne pas acheter les F-35 de l’avionneur américain Lockheed Martin, le rival du F-18 Super Hornet, pour remplacer sa flotte de CF-18 achetés dans les années 1980.

Il avait promis d’opter pour une solution plus économique et d’investir les économies ainsi réalisées dans la réfection de la marine.

Le premier ministre s’est toutefois ravisé depuis, indiquant que le F-35 ne serait pas écarté du processus de sélection en prévision du remplacement de la flotte de l’aviation canadienne.

Des responsables de l’administration canadienne présentent le processus d’achat avec Boeing comme une tentative exploratoire et le gouvernement Trudeau s’emploie à décrire l’initiative comme une solution « intérimaire » pour permettre au Canada de remplir ses engagements militaires.

Des dirigeants de l’armée canadienne ont toutefois déjà visité le département d’ingénierie de la société, à St Louis, afin d’évaluer les équipements qu’ils voudraient installer dans leurs avions.

L’achat des 18 Super Hornet pourrait ainsi varier de 115 millions à 123 millions de dollars l’unité pour un total de 1,9 à 2,1 milliards de dollars pour les 18 appareils.

Le gouvernement canadien devra toutefois négocier un contrat de service d’assistance et l’achat de simulateurs de vol pour l’entraînement de ses pilotes ce qui pourrait faire gonfler la facture de plusieurs milliards de dollars.

Les coûts de la solution « intérimaire » du gouvernement Trudeau pourraient ainsi atteindre de 5 à 7 milliards de dollars.

L’achat des chasseurs de Boeing constitue, selon le gouvernement, une solution temporaire en attendant la conclusion d’un appel d’offres pour le remplacement de la flotte de 77 avions de chasse CF-18 de l’Aviation royale canadienne. Le processus prendra cinq ans, selon la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Judy Foote.

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