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Affirmation nationale : Québec appuie la création d'un pôle d'étude sur le fédéralisme

Dix mois après avoir présenté le document Québécois, notre façon d'être Canadiens, le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, participait lundi matin au lancement d'un Centre d'analyse politique sur la Constitution et le fédéralisme, à l'UQAM. Il s'agit du premier espace de recherche du genre au Canada.

Un texte d'Alex Boissonneault, correspondant à l'Assemblée nationale

Le Centre pourra bénéficier d'un soutien direct du gouvernement, qui voit dans cette initiative un écho à sa politique d'affirmation nationale.

Le Secrétariat du Québec aux relations canadiennes versera une subvention au Centre de 100 000 $ en 2018-2019 dans le cadre du Programme de soutien à la recherche en matière de relations intergouvernementales et d'identité québécoise.

Alors que le plan d'affirmation du gouvernement vise une reprise du dialogue constitutionnel entre le Québec et les autres provinces, le Centre d'analyse espère favoriser celui entre les chercheurs et les universitaires.

« Il n’est pas question ici pour le gouvernement du Québec de diriger le centre, affirme Jean-Marc Fournier. Il est question d’un centre en lien avec beaucoup d’autres institutions au Canada et même dans le monde pour réfléchir sur comment on peut vivre ensemble dans des contextes où nous sommes plusieurs nations, plusieurs communautés différentes. »

L'objectif du Centre, qui sera dirigé par le professeur de sciences politiques Alain G. Gagnon, sera non seulement de stimuler la recherche sur le fédéralisme, mais aussi de promouvoir les échanges quant à la reconnaissance des différents groupes nationaux dans les fédérations.

En ce sens, les universitaires pourront compter sur l'expérience québécoise et canadienne. D'ailleurs, le projet comptera sur des chercheurs de l’Université de Moncton, du Centre Mowat de Toronto, de l’Université d’Ottawa et de l’Université de l’Alberta, et fera partie de l’Association internationale des centres d’études du fédéralisme.

Une affirmation en dents de scie

Présentée au public le 1er juin 2017, la politique se donne pour objectif d'engager un dialogue pancanadien dans l'espoir de voir le Québec réintégrer le giron constitutionnel.

Après avoir reçu un accueil mitigé du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, le plan d'affirmation a été abordé lors de plusieurs rencontres provinciales et fédérales, auxquelles participait le gouvernement québécois.

Jusqu'à maintenant, une cinquantaine d'activités de discussions ont eu lieu dans neuf provinces, alimentées par le ministre Jean-Marc Fournier.

Si la politique n'a pas suscité l'engouement du public, et si les gains politiques n'ont pas traversé le champ du discours ou des bonnes intentions, elle a récolté des appuis tangibles dans les milieux universitaires.

Le plan fait présentement partie des lectures obligatoires dans des cours à l’Université McGill, à l’Université Queen’s et à l’Université d’Ottawa.

De l'argent des contribuables pour faire de la politique

Pour le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, il est clair que les gouvernements du Canada et du Québec ne se gênent pas pour financer des organismes « qui font la promotion de leur option politique », soit le fédéralisme.

« Ils seront bien mal placé pour nous critiquer, quand nous serons au pouvoir et qu'on va décider non pas de faire la promotion de notre option, mais bien de faire des études objectives sur quelles seraient les conditions d'accès du Québec à la souveraineté », a-t-il lancé.

M. Lisée a d'ailleurs confirmé que son parti était prêt à utiliser des fonds publics, s'il forme le prochain gouvernement, pour « commander » et « mettre à jour » les études sur l’accession du Québec à l’indépendance. Cette tâche serait confiée à l'ex-député Jean-Martin Aussant, s'il parvenait à se faire élire de nouveau au sein d'un éventuel gouvernement péquiste, avait annoncé le chef du PQ, il y a quelques semaines.

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