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Agressions sexuelles : une députée fédérale souhaite une formation spécialisée pour les policiers

La députée fédérale de Moncton-Riverview-Dieppe, Ginette Petitpas Taylor, croit qu'une formation plus spécialisée en matière d'agressions sexuelles est nécessaire pour les policiers. Elle réagit ainsi à l'enquête du quotidien le Globe and Mail qui conclut qu'une plainte sur cinq en matière d'agression sexuelle ne mène pas à des accusations au pays.

La députée libérale a travaillé pendant plus de 20 ans au sein du détachement Codiac de la GRC, à l'Unité des services aux victimes. Elle explique qu'au Nouveau-Brunswick, une grande partie du fardeau de la preuve repose sur les corps policiers et les victimes.

« Le bureau du procureur, s'il pense qu'il y a 51 % de chances que l'accusé sera trouvé coupable, il approuve les accusations. S'il ne pense pas qu'on a rencontré cet objectif-là, il n'approuve pas les accusations », explique Mme Petitpas Taylor.

D'ailleurs, le Nouveau-Brunswick fait piètre figure sur la scène nationale. Selon l'enquête menée par le Globe and Mail, 32 % des plaintes sont rejetés dans la province, comparativement à la moyenne canadienne de 19,39 %.

Manque de formation

La situation s'explique, selon la députée fédérale, par un manque de formation spécialisée en matière d'agressions sexuelles.

« Les formations pour la GRC, les travailleurs sociaux et autres professions sont nécessaires et c'est encore quelque chose qu'il manque. Les premières interventions qu'une victime va avoir avec qui que ce soit, c'est extrêmement important. [...] Une formation spécialisée sur comment intervenir avec les victimes est vraiment nécessaire », martèle Ginette Petitpas Taylor qui croit aussi qu'un archivage plus efficace des données permettrait d'avoir un portrait plus fidèle de la réalité.

Les statistiques comme telles doivent être bien gardées et collectées pour nos dossiers si on veut avoir un portrait réel de ce qui se passe au Nouveau-Brunswick et ailleurs au pays.

Ginette Petitpas Taylor, députée de Moncton-Riverview-Dieppe

Malgré tout, l'ancienne employée de la GRC croit qu'il y a une volonté de changer les choses de la part des corps policiers de la province. De nombreux programmes ont été mis en place dans les dernières années dont le programme d'infirmière examinatrice en matière d'agressions sexuelles qui a fait ses preuves dans les hôpitaux de la province.

Plusieurs corps policiers rouvrent des enquêtes

Depuis les révélations du Globe and Mail, de nombreux corps policiers ont annoncé leur intention des rouvrir des enquêtes.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué la semaine dernière qu'elle rouvrira des dossiers de plaintes pour agressions sexuelles qui avaient été jugées sans fondement en 2016.

Au Nouveau-Brunswick, les neuf forces de police municipales du Nouveau-Brunswick feront un nouvel examen des plaintes pour agressions sexuelles jugées infondées, entre 2010 et 2014, a révélé le président de l'Association des chefs de police du N.-B., Paul Fiander.

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