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ALENA : Justin Trudeau mène une campagne de charme aux États-Unis

En quête d'appuis en vue de la négociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), le premier ministre Justin Trudeau prononcera un discours devant plusieurs gouverneurs réunis au Rhode Island, en plus de rencontrer le vice-président Mike Pence. Il s'agira de la plus récente offensive d'une opération que mène le gouvernement canadien auprès d'élus américains depuis sept mois.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Depuis l'assermentation de Donald Trump, en janvier, le gouvernement canadien a multiplié les efforts en vue de la renégociation de l'ALENA.

Le premier ministre, des membres de son gouvernement, mais aussi des premiers ministres provinciaux ont participé à 175 rencontres avec des représentants américains, partout aux États-Unis et au Canada.

Ces efforts ont été appuyés par ceux des diplomates à Washington et dans les différentes représentations consulaires en territoire américain. Des contacts ont été établis avec 300 politiciens.

Le but avoué de l'opération : trouver des alliés dans les États dont la relation commerciale avec le Canada est importante.

Cette stratégie permettra-t-elle au Canada d'être en position avantageuse lorsque les négociations seront officiellement lancées?

Kristy Buzard, professeure à l'Université de Syracuse et experte des négociations d'accord de libre-échange, note que le président Trump « n'agit pas comme les autres présidents », ce qui rend l'effet de toute stratégie difficile à prévoir.

Elle estime toutefois que si le Canada cible bien les appuis qu'il recherche, il pourrait en tirer un avantage.

Vendredi, Justin Trudeau doit par exemple rencontrer Scott Walker, le gouverneur républicain du Wisconsin. Traditionnellement, son État a penché pour les démocrates lors d'élections présidentielles, mais pas en novembre.

Les 10 grands électeurs du Wisconsin ont choisi Donald Trump. Le Wisconsin est aussi un État, avec New York, où des acteurs de l'industrie laitière aimeraient bien que la renégociation de l'ALENA permette de se pencher sur le système canadien de gestion de l'offre.

Un rappel que le gouvernement canadien n'est pas seul à courtiser ces élus dans le dossier du libre-échange.

Québec aussi de la partie

Le premier ministre Philippe Couillard n'est pas au Rhode Island, mais son gouvernement est représenté par la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre.

Depuis janvier, Québec, dont l'approche est semblable à celle d'Ottawa, a mené 19 missions ministérielles en sol américain.

La ministre St-Pierre juge que les gouverneurs présents au Rhode Island sont des interlocuteurs importants, même s'ils ne seront pas assis à la table de négociation.

L'administration Trump a avisé en mai le Congrès de son intention de renégocier l'ALENA.

Une période d'attente de trois mois doit être respectée avant que les négociations soient officiellement lancées, ce qui pourrait donc être fait dès la fin de l'été.

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