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ALENA : les provinces veulent faire front commun face à Trump

Les premiers ministres des provinces et des territoires ont laissé entrevoir qu'ils souhaitaient élaborer une stratégie commune quant à la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), dans le cadre du traditionnel Conseil de la fédération, qui amorçait ses travaux ce matin à Edmonton.

L'administration Trump a dévoilé hier les changements qu'elle compte exiger pour renouveler l’accord, une liste qualifiée de « très vaste » par le premier ministre québécois Philippe Couillard en conférence de presse avec son homologue de l’Ontario, Kathleen Wynne.

« Ce sera impossible d’avoir une négociation rapide compte tenu de l’ampleur du document présenté », a-t-il prévenu.

Pour les États-Unis, la renégociation de l’ALENA vise surtout à rééquilibrer le déficit commercial avec leurs partenaires de libre-échange, qui se chiffrait à 11 milliards de dollars avec le Canada en 2016.

« Certains secteurs de notre économie sont soumis à beaucoup plus de restrictions que d’autres en ce qui concerne les exportations au Canada. Il faut ouvrir ces secteurs », a pour sa part déclaré le gouverneur du Maine, Paul LePage, en marge d’une rencontre à Québec.

« Et je crois que c’est ce que Donald Trump essaie de dire : soyons transparents, soyons ouverts. Vous vendez aux États-Unis, nous vendons au Canada. N’ayons pas de barrières », a ajouté M. LePage, qui est considéré comme un « proche » du président américain.

Le Canada est le premier marché d'exportation pour 35 États américains, et près de 9 millions d’emplois en dépendent aux États-Unis. Or, selon les sondages, seul un Américain sur deux serait favorable à l'ALENA, contre 80 % des Canadiens.

La gestion de l’offre dans la ligne de mire

Les États-Unis visent notamment un meilleur accès à certains marchés canadiens, comme ceux des produits laitiers, des vins et des céréales.

Selon Washington, les quotas imposés par le système de gestion de l’offre des produits laitiers canadiens privent de débouchés les producteurs américains. Ce que nie Bruno Letendre, président de la Fédération des producteurs de lait du Québec.

« La gestion de l’offre, c’est une politique agricole légitime qui respecte les ententes commerciales. C’est aussi légitime que le Farm Bill américain. Ce n’est pas surprenant qu’ils ramènent ça sur la table, mais on s’attend à ce que le gouvernement canadien défende notre position », a-t-il déclaré, en marge du Conseil de la fédération.

Le premier ministre québécois va dans le même sens.

« Là-dessus, je n’entrevois donc pas de grandes difficultés. Les Américains ont également des pratiques de soutien de l’agriculture qui pourraient être discutées », a-t-il ajouté.

Aussi, « on va parler du bois d’œuvre, une question très importante pour nos régions forestières. D’ailleurs, la région qui m’a élu vit directement de ça, et je ne l'oublierai jamais », a fait savoir Philippe Couillard.

Un effort coordonné

Les représentants provinciaux ont semblé d'accord aujourd'hui pour élaborer une stratégie de négociation pancanadienne de l’ALENA.

« Il faut tirer profit des efforts des provinces. La solidarité, c’est un tremplin pour convaincre plus de monde », a déclaré le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, qui se trouve en Alberta aux côtés du premier ministre Philippe Couillard.

Un avis que partage la première ministre de l'Alberta, Rachel Notley. Selon elle, les provinces ont tout intérêt à coordonner leurs efforts et, surtout, à mettre en commun leurs bonnes relations avec différents États américains pour avoir plus de poids au moment de négocier.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, souhaite quant à lui prévoir des moyens de pression conjoints, dans l’éventualité où le Canada doit « répliquer » à une quelconque action des États-Unis.

Toutes ces mesures devaient être discutées lors de la rencontre avec l’ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton.

En fin de journée, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a indiqué qu'il n'y avait pas (encore) de consensus entre les provinces sur la stratégie à adopter et sur les priorités, sans préciser quels sont les enjeux litigieux.

Le Conseil de la fédération a été créé en 2003 pour permettre aux premiers ministres de tisser des liens plus étroits. La rencontre doit se terminer demain.

Quant aux négociations sur le libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, elles doivent débuter après le 16 août.

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