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Allégations de collusion : Guy Ouellette plaide pour une enquête policière

Le député Guy Ouellette croit que la police doit enquêter sur les allégations de collusion qui éclaboussent l'Autorité des marchés financiers (AMF), l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et des firme de consultants.

« Je persiste à croire que c’est une enquête policière qui va être nécessaire dans ce dossier », a-t-il déclaré jeudi, au sortir d’une rencontre avec un représentant du bureau de la vérificatrice générale.

La vérificatrice Guylaine Leclerc s’est vu confier le mandat de mener une enquête administrative sur ces allégations par le président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand.

Cette décision avait été annoncée peu après que M. Ouellette eut été arrêté par l’UPAC.

Le député de Chomedey affirme qu’il a avisé son interlocuteur du bureau du vérificateur général qu’une enquête policière était à son avis nécessaire, mais n’a voulu révéler quelle réponse il a obtenue.

« Ça fait partie de la confidentialité de la rencontre », s’est-il borné à dire.

Il a sinon souligné que sa rencontre s'était « très bien » déroulée et n'a pas exclu que d'autres suivent.

En se prononçant en faveur d'une enquête policière, le député de Chomedey abonde donc dans le même sens que l’ex-analyste du ministère des Transports, Annie Trudel.

Cette dernière a fait la même remarque mercredi soir, en marge d’une cérémonie visant à souligner, entre autres, les 10 ans de vie parlementaire de M. Ouellette.

« À la lumière de ce que j’ai vu, c’est un dossier qui a des allégations, des possibilités de collusion et de corruption et qui doit être enquêté par la police », a déclaré Mme Trudel, qui avait été invitée à la cérémonie par M. Ouellette.

« Je ne crois pas que c’est dans le mandat de la VG de faire ce genre d’enquête là », a aussi dit Mme Trudel, qui s'était elle-même rendue au bureau du vérificateur général plus tôt dans la journée.

Mme Trudel est à l'origine des allégations impliquant l’UPAC, l’AMF et une firme de consultants dans le cadre du processus de certification que pilote l’AMF pour autoriser des firmes à soumissionner pour les plus importants contrats publics.

Dans une entrevue accordée à Québecor Media, elle a soutenu qu’elle avait découvert ce stratagème et qu’elle en avait informé Guy Ouellette avant que ce dernier ne soit arrêté par l'UPAC dans une affaire de fuite de documents.

Guy Ouellette, qui soutient que son arrestation constitue un « coup monté » de l'UPAC destiné à le museler, est cependant demeuré très discret à ce sujet.

Dans une déclaration solennelle à l’Assemblée nationale, le 31 octobre, il avait évoqué « des irrégularités dans l’application de certaines règles de gouvernance », mais sans en dire davantage.

Lorsqu’on lui a demandé mercredi s’il visait l’AMF par cette déclaration, il a répondu : « Non. Mon discours en Chambre était complet en soi. Pour le reste… Un jour, vous aurez les réponses à vos points d’interrogation ».

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec pour les dossiers relevant du Conseil du Trésor, Éric Caire, soutient que l’enquête de la vérificatrice générale n’empêche en rien la police d’en mener une autre.

« Le fait que ce soit dans une vérification administrative, la preuve n’est pas corrompue et peut être transférée à un corps policier », a-t-il dit. « Donc en tout temps, une enquête administrative peut être transférée à un corps policier. »

« Je pense qu’il faut prendre les allégations de ces deux personnes au sérieux », a pour sa part commenté le député de Québec solidaire Amir Khadir. « Je ne peux pas les croire sur parole, mais si ces allégations sont confirmées, c’est très grave pour notre système. »

Le président et directeur général de l’AMF, Me Louis Morisset, a déjà déclaré que les allégations à l’égard de son organisme étaient « totalement fausses ».

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