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Anacolor : le ministère de l'Environnement teste la qualité de l'air

Trois jours après une rencontre entre le ministre David Heurtel et le maire de Québec, le ministère de l'Environnement a dépêché son laboratoire mobile pour effectuer des tests de qualité de l'air aux abords de l'usine de peinture Anacolor, dans le secteur Cap-Rouge, où le voisinage dénonce des odeurs persistantes venant de l'entreprise.

Le ministre de l'Environnement a également souligné avoir fait parvenir un huitième avis de non-conformité à l'entreprise, qui avait jusqu'au 1er février pour réduire ses émanations de 90 %.

« On veut avoir les données les plus récentes en matière de qualité de l'air », a précisé David Heurtel.

« Nos techniciens prennent des relevés un peu partout dans le coin et vont les analyser pour ensuite les communiquer à la santé publique et s’en servir pour évaluer la situation », a expliqué le porte-parole du ministère, Clément Falardeau.

L’opération qui a duré pratiquement toute la journée lundi devait permettre d’établir un « portrait d’ensemble à un moment donné ».

Une rencontre mardi soir

Les relevés du ministère de l'Environnement surviennent aussi au moment où les élèves de l’école primaire Marguerite-D’Youville, située à proximité de l’usine, sont confinés à l’intérieur. La semaine dernière, le Conseil d’établissement a décidé de ne plus faire jouer les enfants dehors jusqu’au retour de la relâche par mesure de précaution, puisque des odeurs de peinture incommoderaient régulièrement les enfants.

Le ministre s'est dit « préoccupé » par cette situation, mais « il faut faire le lien entre ça et les niveaux de l'air », rappelle-t-il.

« Nous sommes très contents de voir que le ministère de l’Environnement met une importance grandissante dans ce dossier-là », a commenté le président de la Commission scolaire des Découvreurs, Alain Fortier, qui s’était déplacé lundi pour constater le travail des techniciens du ministère et rencontrer la direction de l’école.

Reconnaissant que la décision de tenir les récréations à l’intérieur n’est pas une solution à long terme, Alain Fortier a recommandé à l’école l’achat d’une station météo permettant d’identifier la direction des vents afin de mieux évaluer la présence d’odeurs.

On essaie de se donner des moyens pour faire l’école normalement dans les circonstances.

Alain Fortier, président de la Commission scolaire des Découvreurs

Le dossier sera discuté mardi soir lors d’une rencontre du Conseil des commissaires à laquelle sont conviés les parents de l’école. La décision d'annuler les sorties extérieures ne fait pas l'unanimité ches les parents.

Déplacer les élèves?

Le père d'un élève qui siège sur le comité de parents doit également y déposer une motion pour exiger qu’un plan de déménagement soit présenté à ceux qui souhaitent que leur enfant ne termine pas l’année scolaire à Marguerite-D’Youville. Une avenue que la Commission scolaire n’envisage pas pour l'instant.

« Pour nous, pour le moment, il n’est pas question de déménager les enfants de place, mais on va suivre l’évolution de ce dossier. On a un organisme public [la Direction de santé publique] qui nous dit que ce n’est pas dangereux à long terme. Moi, comme organisme public, je fais confiance à un autre organisme public », plaide Alain Fortier.

Le président de la Commission scolaire attend la décision du Tribunal administratif du Québec, qui doit entendre le 20 mars prochain la demande d’Anacolor de suspendre le certificat d'autorisation émis par le ministère de l’Environnement exigeant l'adoption de mesures d'assainissement de l'air avant le début février.

Le maire en contact avec le ministre

Au sujet de sa rencontre de vendredi avec le ministre Heurtel, le maire Labeaume a dit avoir « convenu d’un certain nombre de choses », sans les détailler. « On va voir ce qui va se passer dans les prochains jours par le ministère de l’Environnement. Je ne peux pas en dire plus au moment où on se parle », a brièvement commenté Régis Labeaume, lundi.

Le maire estime que le dossier est « vraiment mal géré » par la direction d’Anacolor. « Tu as une usine en plein milieu de là où les gens habitent. Tu ne peux pas gérer un dossier comme ils l’ont fait. Je ne pensais plus que ça existait, mais visiblement ça existe encore », a laissé tomber Régis Labeaume.

En parallèle, Anacolor poursuit ses propres relevés de la qualité de l'air qu'elle rend public sur son site Internet depuis quelques jours. Un technicien a été aperçu par l'équipe de Radio-Canada avec un petit appareil en main en train d'évaluer la quantité de polluants dans l'air. Il note aussi de 1 à 7 l'intensité des odeurs. À cet effet, le jeune homme a reconnu attribuer cette note en se fiant simplement à son odorat.

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