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ANALYSE : Fenêtre électorale à l'Île-du-Prince-Édouard

Si le premier ministre Wade MacLauchlan a l'intention de déclencher des élections hâtives, une fenêtre vient de s'ouvrir avec la publication du plus récent sondage de Corporate Research Associates (CRA), cette semaine.

Une analyse de François Pierre Dufault

Le sondage confirme que les libéraux de l'Île-du-Prince-Édouard sont toujours en tête des intentions de vote. Ils auraient même légèrement remonté la pente depuis quelques mois. Avec 42 % des appuis, ils sont toujours en bonne position pour former un gouvernement majoritaire si des élections ont lieu d'ici le début de l'été.

C'est un secret de polichinelle que les prochaines élections seront devancées ou retardées. Le scrutin à date fixe doit avoir lieu le 7 octobre 2019. Mais puisque des élections fédérales sont prévues quasiment en même temps, la loi électorale provinciale permet de repousser le vote de six mois.

Le dernier mot revient néanmoins à Wade MacLauchlan. À tout moment, le premier ministre peut demander à la lieutenante-gouverneure Antoinette Perry de proroger les travaux de l'Assemblée législative et de déclencher des élections.

S'il attend jusqu'en 2020, durant la cinquième année de son mandat, le chef libéral risque de donner l'impression qu'il s'accroche au pouvoir.

Il y a donc fort à parier que Wade MacLauchlan va vouloir devancer la date du scrutin.

Jusqu'à tout récemment, il semblait logique que le premier ministre convoque les électeurs aux urnes au printemps de 2019. Mais le sondage de CRA pourrait le convaincre de passer le test électoral plus rapidement encore.

Des élections municipales sont prévues à l'automne à l'Île-du-Prince-Édouard.

Il reste donc ce printemps.

Le vieil adage dit qu'il faut battre le fer pendant qu'il est chaud. C'est peut-être la conclusion à laquelle va en arriver Wade MacLauchlan.

La menace du Parti vert

Outre sa remontée de cinq points dans les intentions de vote depuis novembre, le premier ministre va sans doute prendre en compte la menace grandissante que représente le Parti vert pour son gouvernement.

Depuis deux ans, le parti de Peter Bevan-Baker a le vent dans les voiles. L'automne dernier, il a obtenu un deuxième siège à Province House à la faveur d'une élection complémentaire. Ses appuis ont depuis bondi de neuf points pour atteindre 34 %, selon CRA. L'opposition officielle est à sa portée.

Mais le Parti vert n'est pas forcément prêt tout de suite à ravir le pouvoir aux libéraux. Idéalement, il lui faudrait une autre année pour roder sa machine électorale.

Wade MacLauchlan ne voudra peut-être pas lui donner cette chance.

Des élections hâtives pourraient aussi pénaliser le Parti progressiste-conservateur, dont les appuis ont fondu de 11 % depuis l'automne dernier. L'opposition officielle dirigée par James Aylward vient d'enregistrer son pire score des quatre dernières années, selon CRA. C'est à se demander si la formation sera en mesure de se relever à temps pour un scrutin printanier.

Dans la même veine, des élections au mois de mai ou juin laisseraient très peu de temps de préparation au prochain chef du Nouveau Parti démocratique, qui sera connu au début avril.

Fusions municipales

Des élections provinciales hâtives pourraient aussi servir de prétexte aux libéraux pour mettre en veilleuse le projet de regroupement municipal de Three Rivers, auquel s'opposent plusieurs résidents ruraux de l'est de la province.

Ce ne serait pas la première fois que Wade MacLauchlan fait volte-face. Il y a un an, le premier ministre n'a pas hésité à infirmer la décision de la Direction des écoles de langue anglaise de fermer deux écoles élémentaires lorsqu'il a senti que l'opinion publique était contre lui.

Finalement, un scrutin hâtif pourrait être l'occasion pour le chef libéral d'unir son parti derrière lui après quelques mois difficiles. La démission de l'ancien ministre Doug Currie et la décision du député Bush Dumville de siéger en tant qu'indépendant ont laissé des marques. D'autant plus que ce dernier a claqué la porte en affirmant qu'il avait été traité de façon « injuste » par son ancien parti.

Le retour à l'équilibre budgétaire donne la latitude nécessaire au gouvernement libéral de l'Île-du-Prince-Édouard pour déposer un budget aux allures de programme électoral à la rentrée parlementaire, le mois prochain. S'agira-t-il d'un prélude à une campagne hâtive ?

La fenêtre est ouverte, en tous cas.

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