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Après les États-Unis, Justin Trudeau se rend en Europe

Le premier ministre Justin Trudeau va prononcer jeudi un discours devant les élus du Parlement européen dans lequel il devrait vanter les mérites du libre-échange. Il se rendra ensuite en Allemagne pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, une dirigeante avec laquelle le premier ministre canadien partage une certaine vision politique.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la semaine de Justin Trudeau est bien remplie. Après Washington, c'est à Strasbourg, à Berlin, puis à Hambourg que se rendra le premier ministre.

Cette semaine est également remplie de contrastes. Dans la capitale américaine, lundi, M. Trudeau a voulu préserver les acquis et s'assurer que la relation commerciale entre Washington et Ottawa demeure forte, malgré la volonté de l'administration Trump de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Jeudi, à Strasbourg, devant le Parlement européen, le premier ministre devrait plutôt plaider en faveur de l'ouverture des marchés et de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne. Il prononcera son discours au lendemain du vote par le Parlement européen appuyant l'accord de libre-échange.

Mardi, à la Chambre des communes, libéraux et conservateurs ont voté pour la mise en œuvre de cette entente. Des députés du NPD, du Bloc québécois et du Parti vert ont voté contre.

Cet accord, dont la survie a été menacée à l'automne, notamment par l'opposition de la région belge de la Wallonie, est important pour Ottawa qui cherche à diversifier ses marchés.

L'entente est aussi majeure pour les dirigeants l'Union européenne qui veulent se présenter en partenaires commerciaux attrayants, surtout après le vote pour le Brexit.

C'est important que le Canda fasse entendre sa voix avec l'Union européenne pour dire qu'il y a encore des pays qui sont là pour faire des accords progressistes, pour l'ouverture du commerce mondial.

François-Philippe Champagne, ministre du Commerce international du Canada

Rencontre avec Angela Merkel, l'alliée stable

Avec l'administration Trump aux États-Unis et le Brexit au Royaume-Uni, ce discours d'ouverture des frontières que prône le gouvernement Trudeau semble être de moins en moins répandu.

Les alliés naturels se font de plus en plus rares, mais un partenaire continue de s'imposer pour Ottawa : l'Allemagne.

Après son discours à Strasbourg, le premier ministre se rendra à Berlin puis à Hambourg à la fin de la semaine.

Les visions d'Angela Merkel et de Justin Trudeau ont beaucoup en commun, notamment sur le libre-échange, mais aussi sur la défense du multiculturalisme, note le directeur du CERIUM de l'Université de Montréal, Frédéric Mérand.

C'est également le cas pour les politiques d'accueil des réfugiés, un dossier dans lequel la chancelière a été critiquée au cours de la dernière année.

L'Allemagne et le Canada sont un peu destinés l'un à l'autre et n'ont pas véritablement de choix, en fait, d'être l'un avec l'autre.

Frédéric Mérand, directeur du CÉRIUM

Pour le Canada, l'Allemagne, même en année électorale, représente un symbole de stabilité sur le continent européen.

Surtout que la voie politique que suivra l'autre grand pays membre de l'UE, la France, semble en ce moment bien incertaine.

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