Retour

Attaques budgétaires préventives des conservateurs

Le cadre financier du Nouveau Parti démocratique n'est pas encore présenté qu'il fait déjà l'objet de critiques, particulièrement en provenance du Parti conservateur, qui ne ménage pas non plus le Parti libéral.

Le NPD veut notamment hausser le taux d'imposition des grandes entreprises de 15 % à 17 %. En point de presse, le candidat conservateur dans Calgary-Midnapore, Jason Kenney, a cité l'économiste Jack Mintz, qui estime qu'une hausse de 2,5 %, par exemple, coûterait 200 000 emplois au Canada.

Après la présentation du NPD, M. Mintz a précisé, sur Twitter, qu'une hausse de 2 % entraînerait 150 000 pertes d'emplois.

S'ajoute, selon M. Kenney, l'intention du NPD de hausser la contribution au Régime de pensions du Canada qui s'accompagnerait d'une augmentation des cotisations des employeurs. Le candidat conservateur a mentionné que la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante avait estimé à 105 000 emplois le coût du régime de retraite public que veut mettre en place la première ministre ontarienne Kathleen Wynne, un projet maintes fois attaqué par les conservateurs.

« Ils commencent avec une plateforme qui éliminerait au moins 300 000 emplois, et ça, c'est avant d'arriver à la taxe sur le carbone », a lancé Jason Kenney, évoquant le coût potentiel du marché du carbone que le NPD voudrait mettre en place.

« Ils ne peuvent payer qu'en faisant des déficits ou en augmentant les taxes et impôts, ou les deux », a estimé le ministre sortant.

« Vous ne pouvez pas essayer de satisfaire les groupes d'intérêt jour après jour en tant que parti avec des politiques fiscales insouciantes et, soudainement, changer d'habit en campagne électorale et présenter le NPD comme un nouvel adepte de la discipline fiscale », a asséné Jason Kenney.

L'enjeu des déficits budgétaires

M. Kenney a accusé le chef libéral, Justin Trudeau, d'avoir changé d'idée au sujet des déficits « au cours des dernières semaines, parce qu'il s'est rendu compte que les engagements fiscaux pour de nouvelles dépenses du Parti libéral ne sont pas abordables ». M. Trudeau a indiqué qu'un gouvernement libéral présenterait des budgets déficitaires jusqu'en 2019, notamment pour financer des investissements additionnels dans les infrastructures.

Le candidat conservateur refuse de croire aux sondages montrant que les Canadiens pourraient accepter des déficits, si nécessaire, pendant un certain temps. « Ça a été la politique des partis d'opposition dans les trois dernières élections, et nous avons gagné à chacune des trois dernières élections », a répliqué Jason Kenney.

Rappelant des propos tenus dans le passé par Justin Trudeau voulant que les déficits puissent se résorber d'eux-mêmes en créant de la croissance économique, M. Kenney a affirmé qu'il s'agissait d'une politique « des années 60, lorsque la croissance atteignait 5 % ».

« La nouvelle normalité, c'est une croissance modérée et une instabilité internationale, et cela requiert une grande discipline », a expliqué le candidat conservateur.

« Les gens comprennent que les déficits représentent des augmentations d'impôt à l'avenir et que ce n'est pas une bonne politique pour la stabilité économique », a ajouté M. Kenney.

Déjà un cadre financier libéral, affirme Trudeau

Relancé plusieurs fois au sujet de son propre cadre financier, le chef libéral a laissé entendre qu'il l'avait déjà présenté.

« Nous étions le premier parti à établir son cadre fiscal pour cette campagne et pour gouverner, qui consiste en trois années de déficit modeste et l'équilibre budgétaire atteint en 2019 », a affirmé Justin Trudeau.

Le chef libéral a rappelé qu'il restait encore quatre semaines à la campagne, ajoutant qu'il avait « encore beaucoup de bonnes nouvelles à annoncer aux Canadiens ».

« Cette campagne électorale offre une chance de faire un contraste entre notre plan et nos choix, qui sont d'investir dans l'avenir de ce pays, et les choix qu'ont fait M. Harper et M. Mulcair : c'est de remettre [à plus tard] l'idée d'investir, de faire des [coupes] tout de suite et de ne pas donner aux Canadiens la croissance nécessaire », a résumé Justin Trudeau.

Plus d'articles

Commentaires