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Attentat à Québec : « Tout le monde a été atteint » - Philippe Couillard

C'est un message d'unité que Philippe Couillard s'est employé à livrer au lendemain de la tuerie perpétrée dimanche à la Grande mosquée de Québec, lors d'une conférence de presse tenue lundi en présence d'une demi-douzaine de représentants de la communauté musulmane et de politiciens fédéraux et provinciaux de tous les partis.

« Comme nous l’avons dit hier, nous sommes tous Québécois, tous et toutes d’un grand peuple, d’une grande nation unie aujourd’hui, encore plus unie aujourd’hui », a-t-il lancé. « Que la paix soit avec vous. La bienveillance de Dieu et sa bénédiction », a-t-il ajouté à l’intention des musulmans présents.

Le premier ministre n’a pas voulu élaborer sur l’enquête en cours et sur les circonstances de l’attentat. « Ce qui est un fait indiscutable, c’est que c’est cette communauté spécifiquement qui a été visée », s’est-il contenté de dire. « Les personnes qui ont été lâchement assassinées l’ont été parce qu’elles font partie de cette communauté. »

Il faut trouver une façon de dire que chacun et chacune d'entre nous, ici, au Québec, tous les Québécois et Québécoises, ont été victimes. Tout le monde a été atteint.

Philippe Couillard

Précisant qu’il allait s’adresser aux Québécois plus tard en après-midi, le premier ministre a insisté pour souligner l’importance de diffuser un « message de fraternité » dans la foulée de cette tragédie qui a fait six morts et une vingtaine de blessés, dont cinq reposent toujours dans un état grave.

« Ce n’est pas fleur bleue de dire qu’on veut une société plus fraternelle. C’est nécessaire », a martelé M. Couillard. « On doit le faire dans un monde qui est de plus en plus difficile, de plus en plus conflictuel. C’est le moment de le dire. »

Ce que je dirais sur cette question de la tolérance et de la bonne entente, c’est que, bien sûr, aujourd’hui, tout le monde le dit. Le défi, c’est de le dire même après, quand la frénésie un peu compréhensible des médias se sera dissipée, que chacun reprendra le cours de sa vie.

Philippe Couillard

« Le défi, c’est encore là, et encore plus à ces moments-là, de manifester l’ouverture et la tolérance. Et c’est l’appel que je voudrais lancer aux Québécois de toutes origines confondues », a-t-il fait valoir.

Tués pour un droit fondamental, dit Lisée

« Nous avons tous été frappés par l’horreur. Nous avons tous été touchés par la peine qui s’est abattue sur les gens de Québec, en particulier la communauté musulmane », a déclaré pour sa part le chef péquiste Jean-François Lisée, au terme de la conférence de presse.

Ce sont « des Québécois, des pères de famille qui ont été fauchés lâchement, qui ont été tirés dans le dos et qui a fait en sorte qu’un grand nombre d’enfants, de proches, d’épouses, sont aujourd’hui dans le deuil », a-t-il souligné.

Ce sont des Québécois qui ont été tués pour la simple raison qu’ils exerçaient un droit fondamental : celui de se réunir dans un lieu de culte et de prier leur Dieu.

Jean-François Lisée

« Donc, nous sommes tous touchés dans nos libertés [...] parce que nous sommes tous des porteurs de cette liberté, de croire ou de ne pas croire, d’assister à du culte ou de ne pas le faire », a encore dit le chef péquiste. « C’est ce droit qui a été l’objet d’une attaque brutale. »

M. Lisée a aussi invité tous les Québécois à démontrer leur solidarité aux Québécois de confession musulmane « dans les heures et jours qui viennent », et à réaffirmer leur rejet de la violence. « C’est la violence en soi qui est si révoltante », a-t-il souligné, en disant ignorer si la tuerie est attribuable à un sentiment « proreligieux ou antireligieux ».

Interrogé sur la possibilité que les débats identitaires tenus au Québec ces dernières années aient pu entraîner une montée de l'intolérance, le chef péquiste est demeuré prudent. « Quel que soit le contexte de nos débats internes ou du contexte international, le fait est que la violence est toujours condamnable, et le fait est que jamais des hommes violents ne doivent interdire à une société de tenir ses débats paisiblement », a-t-il dit.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a dit éprouver une « profonde tristesse » pour la « grande famille des Québécois de confession musulmane », dans la foulée de cette « violence barbare ».

Des pères, des mères, des enfants sont sous le choc aujourd'hui, s’apprêtent à vivre un deuil douloureux. Je veux que vous sachiez qu’on est de tout cœur avec vous. Tout le Québec partage votre deuil.

François Legault

« Ce qui est important aujourd'hui, c’est la solidarité et l’unité de tous les Québécois; la solidarité avec les familles touchées, et l’unité de tous les Québécois contre toute violence, contre la terreur, et contre la bêtise meurtrière », a-t-il ajouté.

Interrogé lui aussi sur l'impact qu'auraient pu avoir les débats identitaires sur la tuerie, M. Legault a dit ne pas avoir l'intention de modifier son discours sur ces questions.

« Le terrorisme, ça cherche à faire taire des gens, à avoir une seule opinion. Le terrorisme, c’est le contraire de la démocratie. Arrêter de débattre démocratiquement, ce serait donner raison aux terroristes », a-t-il commenté.

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