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Au coeur de Calgary, un château-fort conservateur attaqué

La circonscription de Calgary-Centre, conservatrice, réformiste ou allianciste depuis 1968, pourrait bien tomber aux mains des libéraux. Le candidat Kent Hehr, un député provincial très populaire, a déjà convaincu bien des conservateurs de voter pour lui.

Un texte de Sylvain Bascaron

Dans cette circonscription, les dirigeants de pétrolières côtoient les banquiers et les ingénieurs. Les commerçants forment aussi une bonne partie de l'électorat. Tous ceux que nous avons rencontrés se décrivent comme conservateurs, plus ou moins convaincus.

« Les conservateurs ne sont peut-être pas meilleurs que les autres, mais, au moins, leurs politiques me permettent de faire plus d'argent, dit le restaurateur Spyder Maxwell. J'ai toujours préféré les idées conservatrices », ajoute-t-il.

Mais, comme la plupart des électeurs à qui nous avons parlé, Spyder Maxwell votera pour le libéral Kent Hehr. Le restaurateur insiste, il n'est pas libéral : « Il ne va pas changer les politiques libérales, déplore-t-il, ça n'arrivera jamais. Je pense qu'il est plus centriste que les gens pensent. Il n'est pas pleinement libéral. »

Un nouveau défi de taille

Kent Hehr a grandi à Calgary. En 1991, il jouait pour une équipe de hockey junior et caressait le rêve de devenir hockeyeur professionnel. Mais, en revenant d'un entraînement avec quelques copains, sa vie a basculé : « Nous étions arrêtés à un feu rouge. Puis, un acte de violence gratuite s'est produit. Un homme que nous ne connaissions pas, que nous n'avions jamais vu, s'est arrêté à côté de nous, a sorti un pistolet et a tiré. La balle a traversé ma colonne vertébrale et, le lendemain, je me suis réveillé quadriplégique. »

Il a mis dix ans à remettre sa vie sur les rails. Il a étudié en droit, est devenu avocat. Puis, en 2008, il s'est présenté aux élections provinciales sous la bannière libérale et a remporté son siège avec 48 % des voix.

Il aurait très bien pu continuer son travail au niveau provincial, mais il a plutôt décidé de relever un nouveau défi. Et il est confiant : « Nous sommes en voie de réécrire l'histoire, soutient-il, de faire élire le premier candidat non conservateur dans Calgary-Centre. Nos politiques semblent séduire les électeurs, je sens un vent de changement. »

Nul doute, les choses changent à Calgary. À preuve, les néo-démocrates provinciaux y ont fait élire 14 députés sur 25 en mai dernier. Mais elles ne changent pas au point de dire que les politiques libérales font vibrer les électeurs.

Ce que les gens aiment de Kent Hehr, c'est qu'il est partout. « J'ai l'impression qu'il est plus visible que les autres », raconte la copropriétaire d'un petit café de la circonscription. « C'est comme s'il était plus facile d'approche, ajoute-t-elle. J'ai l'impression de le voir partout où je vais. »

Mais rien n'est gagné pour le libéral. Les pancartes de la candidate conservatrice Joan Crockatt sont aussi bien présentes dans la circonscription. Des conservateurs nous ont confié qu'ils voteraient pour ce parti pour contrer les libéraux et les néo-démocrates, qui se font menaçants.

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