Si les chefs conservateur, néo-démocrate et libéral ne s'entendent pas sur l'approche budgétaire du prochain gouvernement, ils sont d'accord sur une chose : la situation économique actuelle est différente de celle qui prévalait dans le passé.

Alors que Justin Trudeau critique Stephen Harper, de même que Thomas Mulcair, pour leur promesse de présenter ou maintenir un budget équilibré l'an prochain, le chef conservateur affirme que toutes les récessions ne sont pas égales.

En point de presse à North Bay, en Ontario, M. Harper a identifié deux facteurs qui distinguent la crise économique de 2008 de la récession de 2015 confirmée mardi par Statistique Canada. « Il y a des circonstances tout à fait différentes en 2008-2009. On a une contraction majeure de l'économie pas seulement au Canada, mais à travers le monde, et, en même temps, on a une situation où le système financier ne fonctionne pas : impossible d'avoir les investissements pour assurer la reprise économique », a expliqué le chef conservateur.

« Ce sont des circonstances très appropriées pour des déficits, mais ce ne sont pas des circonstances normales, même pour une récession », a ajouté Stephen Harper en parlant de cette crise ayant marqué ses premières années à titre de premier ministre.

Le chef conservateur a repris son argument employé la veille au sujet de la récession de cette année, soulignant encore une fois les signes d'embellie observés en juin, soit à la fin de la période mesurée.

M. Harper a martelé que des économistes ont déjà prédit une croissance, même modeste, de l'économie pour l'ensemble de 2015. Du même coup, il a attaqué l'argument de son adversaire Justin Trudeau, voulant qu'il faille générer plus de croissance en investissant davantage, même au prix d'un déficit.

« Cela a été l'histoire pendant des décennies, on ne veut pas retourner à cette situation au niveau fédéral au Canada », a conclu le chef du Parti conservateur.

De son côté, Justin Trudeau a défendu l'approche du gouvernement libéral du début des années 90, qui avait réduit le déficit et la dette du pays notamment en coupant dans les transferts aux provinces. « Nous voyions notre économie et notre croissance freinées massivement par la situation laissée par un gouvernement conservateur [celui de Brian Mulroney et Kim Campbell, NDLR] », a rappelé le chef libéral en point de presse à Trois-Rivières.

« C'est parce que M. Harper ne comprend pas que pour créer de la croissance économique au 21e siècle, il faut investir dans les gens et leur donner les outils dont ils ont besoin », a ajouté M. Trudeau, rappelant ses promesses d'investir 125 milliards de dollars en 10 ans dans les infrastructures.

Le chef libéral a assuré qu'un gouvernement qu'il dirigerait ne diminuerait pas les transferts aux provinces. « Au contraire, je viens d'annoncer que le Parti libéral va de l'avant avec l'investissement le plus important de l'histoire du Canada en infrastructures », a insisté Justin Trudeau, accusant encore une fois ses adversaires de prôner « des coupes et de l'austérité ».

Enfin, Thomas Mulcair a reconnu lui aussi que des dépenses étaient nécessaires en 2008, citant l'exemple des crédits d'impôt pour la rénovation « qui avaient ramené immédiatement des gens sur les chantiers ».

Mais le chef du NPD croit qu'il est possible et nécessaire d'équilibrer le prochain budget. « C'est simplement une approche différente. [...] Nous ne commençons pas avec les mêmes dépenses que M. Harper. Nous allons retirer certaines choses et introduire nos propres priorités. Nous savons que nous pouvons le faire tout en équilibrant le budget », a soutenu M. Mulcair, en point de presse à Kamloops, en Colombie-Britannique.

« Tommy Douglas a équilibré le budget 17 fois en Saskatchewan et a quand même mis en place la première assurance maladie au Canada. C'est ça, l'approche du NPD », a illustré Thomas Mulcair.

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