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Avec 32 sièges, quel poids aura l'Atlantique dans la balance?

À mesure que la possibilité d'un gouvernement minoritaire se concrétise, chaque siège, même ceux en Atlantique, se met à compter davantage.

Un texte de Marilyn Marceau

Le poids de l'Atlantique est plus faible que jamais sur la scène électorale canadienne. La région n'a pas perdu de plumes au cours du processus de redécoupage des circonscriptions, mais le reste du pays, lui, en a gagné.

Les chefs des principaux partis politiques n'ont pas passé beaucoup de temps dans l'est du pays durant la campagne. Toutefois, la perspective d'un résultat serré force les partis à s'intéresser à toutes les circonscriptions qui pourraient leur permettre de remporter une majorité de sièges au Parlement.

La preuve : durant la dernière semaine de campagne, les chefs des trois principaux partis ont prévu des arrêts en Atlantique. Thomas Mulcair est passé dans la circonscription de Dartmouth-Cole Harbour mercredi, Stephen Harper à Fredericton vendredi soir, et Justin Trudeau dans Saint-Jean-Rothesay samedi.

Ce contexte remet les quatre provinces de l'Atlantique dans la mire des partis politiques, selon le professeur en science politique à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard, Don Desserud.

Cependant, « il y a d'autres endroits au pays qui comptent le même nombre de circonscriptions, mais dans un territoire géographique beaucoup moins grand », précise M. Desserud. Les partis peuvent donc y obtenir un meilleur « retour sur l'investissement », ce qui est important, surtout en fin de campagne.

« C'est la première fois dans toute l'histoire de la Confédération que la région atlantique aura moins de 10 % des sièges à la Chambre des communes », souligne le professeur en science politique à l'Université St. Francis Xavier en Nouvelle-Écosse, Yvon Grenier.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, à la pêche à la morue avec le député Jack Harris (D), lors de son passage à Petty Harbour, à Terre-Neuve-et-Labrador, le 20 septembre 2015, dans le cadre de la campagne électorale. Photo : PC/Andrew Vaughan

Des gains à protéger

C'est au Nouveau-Brunswick que les principaux chefs de parti se sont arrêtés le plus souvent jusqu'à maintenant. Le chef libéral y est allé pour essayer d'y gagner du terrain. Le chef conservateur tente de conserver ses acquis dans cette province où il avait bien performé aux dernières élections, mais où plusieurs députés sortants sont menacés par l'insatisfaction qui règne contre ce parti en Atlantique.

Le chef néo-démocrate s'est rendu trois fois dans la municipalité régionale d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, ce qui est beaucoup dans le cadre d'une campagne électorale. Il voulait notamment s'assurer de prêter main-forte au candidat dans Darmouth-Cole Harbour. Robert Chisholm avait remporté la circonscription en 2011, avec seulement 1 % plus de voix que son adversaire libéral, Mike Savage, aujourd'hui maire d'Halifax.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, a notamment passé une journée entière aux côtés de la candidate Mary Lou Babineau à Fredericton, la capitale du Nouveau-Brunswick. Il y a à peine un an, les électeurs de la région ont élu le chef du Parti vert, David Coon, comme député à l'Assemblée législative provinciale, ce qui donne de l'espoir au parti fédéral.

Les chefs des trois principaux partis ont visité Terre-Neuve-et-Labrador une fois depuis le début de la campagne électorale. Il s'agissait de la première visite de Stephen Harper dans la province depuis novembre 2012.

Justin Trudeau est accueilli par la rectrice de l'Université St. Thomas lors de son passage à Fredericton. Photo : ICI Radio-Canada/Michel Corriveau

L'assurance-emploi et la pêche

Le professeur de science politique à l'Université du Nouveau-Brunswick, Don Wright, croit que la question de l'assurance-emploi influencera le vote de plusieurs électeurs dans la province. « Les changements apportés au programme furent très controversés », rappelle-t-il. Le gouvernement conservateur a resserré les conditions d'admissibilité en janvier 2013.

Le politologue Yvon Grenier affirme que la proposition de Justin Trudeau d'investir dans les infrastructures, « ça passe très bien dans une région comme l'Atlantique, où les provinces sont dépendantes des transferts du gouvernement fédéral ».

Lors de leurs passages en Atlantique, les chefs en ont profité pour parler de thèmes chers aux électeurs de la région. Justin Trudeau a lancé son plan pour l'assurance-emploi à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick. Il a promis d'annuler les changements des conservateurs et d'améliorer l'accès au programme. Thomas Mulcair a aussi choisi le Nouveau-Brunswick pour parler d'assurance-emploi. À Moncton, il s'est engagé à bonifier le programme et à le rendre plus accessible.

Stephen Harper a choisi d'y parler de pêche. Si son gouvernement est réélu, il investira 20 millions de dollars dans l'industrie du homard, surtout pour améliorer la commercialisation et la promotion de ce produit de la mer.

Elizabeth May a pour sa part dévoilé sa stratégie pour les aînés à Fredericton, qui compte la plus forte proportion de personnes âgées de 65 ans et plus, selon les plus récentes données de Statistique Canada.

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