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Avenir du BEF : une pétition et un enjeu électoral dans Saint-Boniface

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Wab Kinew, a déposé, jeudi après-midi, à l'assemblée législative, une pétition comportant 1814 signatures en faveur du rétablissement des services du Bureau de l'éducation française (BEF).

Selon Rachel Laurendeau, une des organisatrices, la pétition a été signée par des « parents, grands-parents, membres de la communauté, enseignants, directions d’écoles » et aussi bien par des anglophones que des francophones, précise-t-elle.

On y exhorte le gouvernement à rétablir le poste de sous-ministre adjoint responsable du BEF supprimé l’automne dernier, et à renforcer « l’intégrité » du BEF, ses ressources et son personnel.

« Le rôle du BEF ne fait qu’augmenter parce que les inscriptions aux écoles françaises et d’immersion ne fait qu’augmenter, dit-elle. On ne peut pas couper et s’attendre à ce que le BEF continue à faire la job qu’on attend de lui. »

De son côté, le ministre de l’Éducation, Ian Wishart, maintient le cap et assure que les ajustements apportés au BEF ne changent pas l’essentiel et qu'il continue de travailler avec la communauté. « Nous avons travaillé avec la communauté francophone et avons eu un certain nombre de consultations avec elle, dit-il. La communauté a exprimé ses préoccupations et mentionné son désir de maintenir un contact direct avec le cabinet ministériel par le biais du sous-ministre. Et la façon dont le BEF est organisé permet de faire ça et leur fournit la possibilité d’exprimer leurs préoccupations. »

Entourée du chef du NPD, Wab Kinew, Rachel Laurendeau rappelle que les compressions au BEF apportées par le gouvernement de Brian Pallister ont suscité « une réaction communautaire » à laquelle le gouvernement ne « s’attendait pas ».

Pour Wab Kinew, la réponse du gouvernement n’est pas suffisante. « Pour moi, c’est un enjeu important parce que l’éducation française est vraiment l’avenir de la communauté au Manitoba, dit-il. Ce qu’on a entendu du premier ministre aujourd’hui n’est vraiment pas correct. S’ils sont en train de faire des coupures, pourquoi ont-ils commencé avec la francophonie? C’est seulement un poste et c’est là où ils ont commencé. »

« Ce n’est pas une réponse qui va améliorer la relation avec la francophonie et je me demande si M. Pallister veut revenir aux jours de Sterling Lyon, quand les francophones devaient lutter pour leurs droits », ajoute le chef néo-démocrate.

Une élection en toile de fond

Ces débats sur l’avenir du BEF se déroulent alors qu'une élection partielle devra être tenue d’ici la fin août dans la circonscription de Saint-Boniface laissée vacante par le départ de l’ancien premier ministre et chef du NPD, Greg Selinger.

Pour l’analyste Roger Turenne, vu les circonstances « il est normal que les différents partis prennent des initiatives qui vont plaire à l’électorat. Il ne faudrait pas y attribuer des motifs cyniques. Faire des annonces qui sont électoralistes n’enlève pas le fait que ces démarches peuvent être très sincères. »

L’élection à venir sera importante, estime-t-il, pour définir qui sera le principal parti d’opposition dans la prochaine élection générale.

Roger Turenne explique : « Il y a deux partis pour qui l’élection est vitale : le NPD et le Parti libéral. Le NPD parce que leur députation est très faible. S’ils devaient perdre un siège qu’ils détiennent auparavant, ça [ne serait pas de bon augure] pour eux. Et du côté libéral, le chef y met le tout pour le tout et s’il ne l’emporte pas, le parti continuera de ne pas être reconnu à l’Assemblée législative. »

Les enjeux, dit-il, sont moins élevés du côté des conservateurs qui détiennent déjà 40 sièges à l’Assemblée législative.

Jusqu’ici, chez les principaux partis, les candidats et candidates confirmées sont Blandine Tona (NPD), Dougald Lamont (Parti libéral) et Françoise Vrignon Tessier (Parti vert). Mamadou Ka a indiqué son intention de briguer l’investiture chez les conservateurs, qui tiennent leur assemblée à cette fin le 2 juin.

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