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Beaucoup de joueurs - et quelques vedettes - sur la ligne de départ

Rarement les formations ont-elles eu autant de candidats sur la ligne de départ au deuxième jour de la campagne électorale. Une situation qui s'explique aisément, en cette première élection à date fixe, par l'échéancier électoral connu de tous. Parmi les bonnes « prises » des partis se trouvent des élus municipaux ou provinciaux qui font le saut en politique fédérale, des journalistes, des comédiens, des leaders autochtones et il y a ceux, aussi, qui tentent un retour.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Cette année, en raison du redécoupage électoral, les partis doivent recruter davantage de candidats. La refonte de la carte électorale a fait passer de 308 à 338 le nombre de circonscriptions. Au Québec, terrain où s'ajoute le Bloc québécois, elles sont passées de 75 à 78.

C'est le Parti libéral qui a choisi le plus grand nombre de candidats jusqu'à présent, soit 303.

Le Parti vert, qui entend cette fois-ci présenter des candidats dans chacune des circonscriptions du pays, n'a officiellement désigné que 186 de ses candidats. La formation précise toutefois que le processus est quasi terminé dans 100 autres circonscriptions.

Le Parti conservateur a su attirer plusieurs candidats issus du monde politique québécois, comme l'ancien député caquiste Gérard Deltell (Louis-Saint-Laurent), le maire de Victoriaville, Alain Rayes (Richmond-Arthabaska), l'ex-maire de Thetford Mines Luc Berthold (Mégantic-L'Érable), qui tentera de garder dans le giron conservateur le siège qu'occupait le ministre Christian Paradis, et l'ex-chef du Parti égalité, Robert Libman (Mont-Royal), défenseur des droits des anglophones.

Les militants conservateurs ont préféré Robert Libman à l'ex-journaliste de TVA Pascale Déry, qui n'a pas tout perdu, puisqu'elle défendra les couleurs du parti dans Drummond. Un autre ancien journaliste du même réseau, Réjean Léveillé, briguera les suffrages dans Saint-Hyacinthe-Bagot.

La formation, qui fait de l'économie l'un des principaux enjeux de la campagne, a aussi recruté Éric Girard, un haut dirigeant de la Banque Nationale, qui tentera de se faire élire dans Lac-Saint-Louis, au Québec. Autre recrue remarquée : l'ex-joueur de baseball des Braves d'Atlanta Dominic Therrien, aujourd'hui avocat (Trois-Rivières, Québec).

Nouveaux venus et vétérans

Une favorite du NPD fait un retour aux sources : l'ancienne députée Olivia Chow, veuve de l'ancien chef du parti, Jack Layton, se présente dans la nouvelle circonscription ontarienne de Spadina-Fort York, qui englobe une partie de Trinity-Spadina, qu'elle a déjà représentée avant de tenter sa chance à la mairie de Toronto.

Le NPD mise lui aussi sur des personnalités des médias, comme le chroniqueur de hockey de Radio-Canada Sports Martin Leclerc (Montcalm, Québec), le journaliste à la retraite de Radio-Canada Rosaire L'Italien (Madawaska-Restigouche, Nouveau-Brunswick) et Linda McQuaig (Toronto-Centre, Ontario).

La formation a aussi recruté l'ancien maire de Saint-Romuald Jean-Luc Daigle (Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, Québec), l'avocat Hans Marotte, défenseur des droits des chômeurs, un habitué des plateaux des médias (Saint-Jean, Québec), et l'ancien ambassadeur en Ukraine G. Daniel Caron (Louis-Saint-Laurent, Québec).

D'autres candidats de renom pourraient eux aussi défendre la bannière néo-démocrate, s'ils remportent l'investiture de la circonscription où ils souhaitent se présenter. C'est le cas de l'ex-journaliste de The Gazette Sue Montgomery, qui brigue l'investiture du NPD dans la circonscription montréalaise de Notre-Dame-de-Grace-Westmount. C'est elle qui est à l'origine du mouvement #beenrapedneverreported sur les réseaux sociaux (#AgressionNonDenoncée en français).

La procureure fédérale Émilie Taman, fille de l'ex-juge de la Cour suprême Louise Arbour, tente pour sa part sa chance dans Ottawa-Vanier, en Ontario, en dépit de l'interdiction de la Commission de la fonction publique de se présenter, et l'écrivain Noah Richler, fils du célèbre Mordecai Richler, veut se présenter dans Toronto-St. Paul's, en Ontario.

Du côté des libéraux, on insiste pour présenter les candidats comme des personnes « enracinées dans leurs communautés ». Plusieurs d'entre eux ont œuvré - ou le font encore - en politique.

C'est le cas de l'ancien député conservateur Bill Casey (Cumberland-Colchester, Nouvelle-Écosse), du député provincial de Calgary-McCall Darshan Kang (Calgary-Skyview, Alberta), des anciens députés manitobain Jim Carr (Winnipeg-Centre-Sud) et albertain Kent Hehr (Calgary-Centre) ainsi que du maire de Côte-Saint-Luc, Anthony Housefather (Mont-Royal, Québec).

Les libéraux ont aussi recruté la chef régionale de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, Jody Wilson-Raybould (Vancouver-Granville).

La formation marche par ailleurs sur les platebandes des conservateurs, avec des candidats qu'on pourrait associer à la loi et l'ordre : le lieutenant-général à la retraite Andrew Leslie (Orléans, Ontario), qui a dirigé les troupes canadiennes en Afghanistan, et l'ex-chef de la police de Toronto, Bill Blair (Scarborough-Sud-Ouest, Ontario).

Le Parti libéral a rallié Mélanie Joly, qui avait confondu les observateurs lors des élections à la mairie de Montréal, en 2013, en terminant deuxième. Mais la partie est loin d'être acquise pour celle qui veut représenter le parti dans Ahuntsic-Cartierville, une circonscription où la lutte est toujours serrée : elle devra d'abord remporter l'investiture, que se disputent plusieurs candidats. 

Sans surprise, le Parti vert mise notamment sur des environnementalistes de renom, comme Daniel Green (Ville-Marie-Le Sud-Ouest-Île-des-Sœurs, Québec), qui a milité dans plusieurs organismes, dont Eau Secours et la Société pour vaincre la pollution, André Bélisle (Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, Québec), président-fondateur de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, et Bruce Hyer (Thunder Bay-Supérieur-Nord, Ontario), qui a contribué à créer la première Agence américaine pour la protection de l'environnement.

La formation compte aussi dans ses rangs l'humoriste et comédien JiCi Lauzon (Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères, Québec) et l'ancienne chef de la Première Nation Quatsino Fran Hunt-Jinnouchi (Cowichan-Malahat-Langford, Colombie-Britannique).

Au Bloc québécois, des candidats défaits tenteront de nouveau de séduire les électeurs, à commencer par le nouveau - et ancien - chef de la formation, Gilles Duceppe, récemment revenu au bercail. Il tentera de reconquérir la circonscription de Laurier-Sainte-Marie, qu'il a représentée pendant plus de 20 ans, avant d'être emporté par la vague orange, en 2011.

Elle aussi défaite par le NPD, l'ancienne députée Claude DeBellefeuille essaiera de prendre sa revanche dans Salaberry-Suroît, qui englobe une partie de son ancienne circonscription.

L'ex-président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, qui a brièvement été chef du parti avant de céder sa place à M. Duceppe, tentera de se faire élire dans La Pointe-de-l'Île.

Le parti a aussi recruté le comédien Denis Trudel, porte-parole du Mouvement Montréal français (Longueuil-Saint-Hubert).

Le processus de sélection est cependant loin d'être terminé, et il n'est pas rare que les formations annoncent une candidature de prestige en pleine campagne électorale.

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