Des municipalités aux travailleurs en passant par les organismes de défense des plus démunis, le plus récent budget du gouvernement provincial crée bien des frustrations au Manitoba.

Un texte de Rémi Authier

Certains groupes déplorent le fait que les revenus additionnels provenant de la péréquation et de la taxe carbone n'ont pas été investis dans des programmes, mais plutôt redonnés aux citoyens.

L'élaboration du budget a été un exercice d'équilibriste de la part du gouvernement pour limiter les dépenses et offrir des allégements fiscaux. C'est en partie réussi, mais le gouvernement a dû pour cela faire bien des insatisfaits qui réclamaient un investissement dans plusieurs secteurs.

Pour le président de l'Association des municipalités du Manitoba, Chris Goertzen, le budget ne répond pas aux besoins de ses membres en matière d'infrastructure et aux défis auxquels ils font face. Il se désole entre autres de la baisse d'investissement dans les routes de la province.

« Quelle ironie! » s'est dite la présidente du Syndicat des employés de la fonction publique du Manitoba (MGEU), Michelle Gawronski, en découvrant que le budget était nommé « Nous tenons nos promesses ». Elle estime que le gouvernement n'a pas respecté son engagement de défendre les travailleurs de première ligne.

Du côté du Réseau action femme, on aurait aimé voir plus d'argent pour les personnes les plus vulnérables et des investissements en matière de logement. Sa présidente, Gisèle Saurette-Roch, note que le montant d'aide sociale n'a pas été augmenté et est déçue de voir que les revenus provenant de la taxe carbone ne sont pas réinvestis en transport en commun.

Des divisions scolaires laissées pour compte

La Divsion scolaire franco-manitobaine et la Division scolaire Louis-Riel ont toutes deux fait part de leur déception de voir qu'une seule des cinq nouvelles écoles construites offrira un programme d'immersion. Elles notent que ces écoles ne seront pas construites pour leur division scolaire et que le gouvernement ne répond pas aux besoins de la communauté francophone en éducation.

Du côté de l'éducation postsecondaire, le recteur de l'Université de Saint-Boniface, Gabor Csepregi, souligne que le précédent budget maintenait le financement, mais qu'il doit maintenant faire face à une diminution de 0,9 %. Le recteur n'a pas pu préciser quel impact aurait cette diminution du financement sur l'institution d'enseignement, mais il a confirmé qu'elle serait affectée.

Sans surprise, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a fortement critiqué le budget et souligne les réductions dans la lutte contre les dépendances au moment où le problème est de plus en plus important dans la province. Le chef libéral Dougald Lamont s'est dit lui aussi déçu, mais pas surpris. Il note que la quasi-totalité de l'argent additionnel en revenu provient d'Ottawa et déplore que cela ne soit pas dépensé en éducation ou en santé, mais plutôt en diminution des impôts.

Quelques groupes ont eu de bons mots pour le budget, notamment Keystone Agricultural Producers qui représente les fermiers du Manitoba. Il se réjouit entre autres de voir que ses membres auront droit à une exemption à la taxe carbone. La directrice générale de l'association On Screen Manitoba, Nicole Matiation, a qualifié le gouvernement de partenaire formidable du milieu du film et de la télévision en raison du maintien d'un important crédit d’impôt.

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