Retour

Bientôt un conseil scolaire des Premières Nations au Manitoba

Un conseil scolaire des Premières Nations doit bientôt voir le jour au Manitoba. Le premier ministre du Canada en a fait l'annonce mardi lors d'une allocution prononcée devant l'Assemblée des Premières Nations (APN), réunie à Gatineau

Justin Trudeau a dit qu'un accord, le premier de ce type au Canada, sera signé « plus tard ce mois-ci ». Pour l’instant toutefois, la province et le fédéral révèlent peu de détails sur cet accord.

L’organisation Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO), qui représente les Premières Nations du nord du Manitoba, note que des rencontres sont prévues la semaine prochaine à ce sujet et se réjouit de ces nouvelles. Le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Derek Nepinak, ajoute que de nombreuses communautés ont été engagées dans les discussions, notamment avec le Centre des ressources éducationnelles des Premières Nations du Manitoba.

Derek Nepinak précise que ce conseil scolaire aura juridiction à l’échelle de toute la province, et qu’il sera unique en son genre au Manitoba. « Ce n’est pas destiné à copier le système d’éducation publique de la province, dit-il, mais ce sera un conseil qui se concentrera sur la revitalisation de la culture et la préservation de la langue. »

La directrice du département d’études autochtones de l’Université de Winnipeg, Jacqueline Romanow, explique qu’un tel système permettrait d’uniformiser les cursus scolaires pour les élèves des Premières Nations, et s’assurer qu’il y a des normes identiques dans les différentes écoles.

Pour l’instant, chaque école dans chaque réserve est gérée individuellement par le conseil de bande. Et donc les standards varient à travers la province.

Jacqueline Romanow, directrice du département d’études autochtones de l’Université de Winnipeg

Elle dit que cette gestion « extrêmement locale » des écoles crée aussi des défis en matière de ressources, notamment pour les plus petites communautés. « [Avoir] un conseil scolaire permettrait de réunir toutes les ressources et de travailler ensemble ».

Le grand chef Derek Nepinak souligne lui aussi l’importance d'une approche collaborative, de « travailler ensemble ». « On croit qu’en s’alignant, en regroupant les besoins de nos enfants dans nos écoles, nous allons pouvoir développer de façon appropriée des cursus solides, et une gouvernance nécessaire pour assurer la longévité de notre éducation. »

Bâtir l'estime de soi

Dans son allocution à l’Assemblée des Premières Nations mardi, le premier ministre Trudeau a parlé de l’éducation comme un « enjeu fondamental ». « Nous devons tout simplement faire mieux pour améliorer l’éducation des élèves autochtones, a-t-il déclaré. Une éducation dirigée par les Premières Nations, contrôlée par les Premières Nations. Une éducation adaptée à la culture et sensible à la culture. »

On veut des élèves qui apprennent l’histoire autochtone, leur histoire, leur culture, c'est lié à l'estime de soi.

Jacqueline Romanow, directrice du département d’études autochtones de l’Université de Winnipeg

Jacqueline Romanow croit que gouvernement Trudeau, qui a fait « beaucoup de promesses en lien avec les Premières Nations » et en particulier pour l'éducation, ressent maintenant la pression d'agir. « Il y a un écart de financement significatif pour l’éducation dans les réserves, souligne-t-elle, non seulement postsecondaire et secondaire. [Trudeau] a promis d’augmenter le financement et n’a pas encore rempli ses promesses. »

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Ce husky n'arrête pas d'éternuer!





Rabais de la semaine