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Bloc québécois : après la crise, des excuses et une réconciliation

La crise au Bloc québécois se résorbe. En point de presse à la sortie du caucus du parti, la chef Martine Ouellet a présenté ses excuses au député et ex-chef intérimaire Rhéal Fortin, qui les a acceptées.

À la sortie de la réunion du caucus qu’elle avait convoquée pour dénouer la crise au sein de son parti, Martine Ouellet a affirmé que le Bloc québécois est toujours uni et que cette crise est désormais chose du passé.

« On a eu des discussions extrêmement constructives; on a tous travaillé ensemble, et c’est ce qu’on va faire dans l’avenir. On va se donner les moyens de travailler ensemble », a expliqué la chef bloquiste avant d’offrir des excuses à son ex-chef parlementaire Rhéal Fortin, éclaboussé mercredi par des allégations coulées dans les journaux par l'ex-chef de cabinet Louis-Philippe Dubois.

« Si ça lui a causé du tort, je m’en excuse. J’ai toute confiance en Rhéal, qui a fait un excellent travail comme chef parlementaire par intérim à soutenir le Bloc québécois pendant 18 mois », a ajouté Mme Ouellet.

Debout à ses côtés, Rhéal Fortin a accepté les excuses de sa chef et assuré qu’il avait l’intention de travailler avec elle en ajoutant : « Je pense qu’on va continuer sur notre lancée, et le Bloc sera d’autant plus efficace dans les mois qui viennent. »

L'ambiance était pourtant moins solidaire quelques heures avant. Visiblement irritée par l'attitude de certains députés et par « le sabotage » au sein du parti, Martine Ouellet avait déclaré à son arrivée à la rencontre que « la récréation » était terminée et que « certains députés auront un choix à faire », sans en dire davantage sur le choix en question.

Louis-Philippe Dubois affirme avoir agi pour protéger sa chef

Plus tôt ce matin, son ex-chef de cabinet, Louis-Philippe Dubois, au cœur de la crise, a rendu publique une lettre pour prendre la défense de Mme Ouellet. M. Dubois a été limogé mercredi, peu avant une sortie publique de 7 des 10 députés bloquistes, qui l'accusaient de travailler contre le parti en ayant divulgué des informations dans les médias pour salir la réputation du député Rhéal Fortin.

Dans sa lettre, intitulée « Pour protéger ma chef », il explique avoir tout fait pour prémunir Martine Ouellet contre les manœuvres du groupe de députés qui ont entrepris, selon lui, de l'intimider et de la discréditer au sein du caucus.

D’après Louis-Philippe Dubois, des députés étaient offensés que Martine Ouellet l’ait nommé chef de cabinet sans les avoir consultés au préalable. Selon M. Dubois, il était clair qu’une mutinerie se préparait dans les rangs du parti.

Le groupe de députés aurait tenté de « faire comprendre à la chef qu’elle devait avoir leur aval avant de nommer les officiers du caucus ainsi que son chef de cabinet », ce qu’aurait refusé Mme Ouellet. Les trois mécontents auraient alors intensifié leur campagne de dénigrement au sein du caucus lors de « rencontres secrètes », où ils ont rallié quatre députés de plus à leur cause.

Crise de confiance

La crise a finalement éclaté au grand jour mercredi quand, dans la foulée du limogeage de M. Dubois, 7 des 10 députés du Bloc - Gabriel Ste-Marie, Monique Pauzé, Rhéal Fortin, Louis Plamondon, Michel Boudrias, Simon Marcil et Luc Thériault  - se sont adressés à la presse pour exprimer haut et fort leur mécontentement.

« Notre lien de confiance [avec] Martine est affecté, et ça va prendre bien du travail pour le rétablir », déclarait alors Gabriel Ste-Marie. Ces élus ont accusé M. Dubois de travailler « davantage contre les députés du Bloc que pour le Bloc », ajoutant que sa nomination avait été « un immense manque de jugement ».

Martine Ouellet victime d'« obstruction systématique », selon Mario Beaulieu

Le député bloquiste Mario Beaulieu a défendu, en entrevue à RDI, le leadership de Martine Ouellet. Il abonde dans le sens de l’ex-chef de cabinet de cette dernière en affirmant que, « dès l’élection de Martine Ouellet, il y a eu de l’obstruction systématique, des gens qui n’acceptaient pas le choix des membres ».

Il déplore que Mme Ouellet n’ait jamais bénéficié de la « chance au coureur » et qu’elle ait dû travailler dans des conditions très difficiles; et « maintenant, ça éclate ».

Il refuse cependant d’embarquer dans les allégations concernant les fuites initiées par le chef de cabinet de l’aile parlementaire, se limitant à dire qu’elle a « fait ce qu’elle devait faire » en le démettant de ses fonctions.

Lisée appelle à l'unité et la cohésion

Interrogé lors de son point de presse matinal à l’Assemblée nationale, le chef du Parti québécois a tenu à vanter le travail des bloquistes, avant de les appeler à faire preuve de « cohésion » et d'« unité », dans « l’intérêt des Québécois qu’ils représentent à Ottawa ».

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