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Bombardier : les libéraux bloquent les motions de l'opposition à l'Assemblée

Le gouvernement libéral a bloqué mardi les motions des partis d'opposition dénonçant les augmentations de rémunération fulgurantes accordées aux hauts dirigeants de Bombardier.

Le leader adjoint du gouvernement, Marc Tanguay, a refusé de débattre de chacune des motions présentées par les trois partis d'opposition, autant celle du Parti québécois (PQ), que celle de la Coalition avenir Québec (CAQ) et celle de Québec solidaire (QS).

Mais le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, s'adressera mercredi à l’Assemblée nationale pour qu'elle demande aux dirigeants de Bombardier de renoncer à la hausse de leur rémunération pour 2016. Il veut aussi entendre les explications du gouvernement pour ne pas débattre de la motion rejetée aujourd’hui.

Le PQ réclamait notamment le gel des salaires des hauts dirigeants de Bombardier, et ce, jusqu’à ce que l'entreprise atteigne un certain seuil de rentabilité.

Pour sa part, la CAQ exigeait dans sa motion la présence d'un représentant du gouvernement au conseil d'administration, tandis que Québec solidaire réclamait dans sa motion que l'aide attribuée par l'État soit assortie d'un plafonnement de la rémunération des dirigeants.

Demande de retrait du « cadeau fiscal »

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, s’en est également pris « au cadeau fiscal de MM. Couillard et Leitao [Carlos, ministre des Finances] » contenu dans le dernier budget provincial. Une mesure fiscale accorde en effet des réductions d’impôt aux contribuables parmi les plus riches de la province.

M. Lisée a souligné qu'en conséquence, les six hauts dirigeants de Bombardier verront ainsi leur rémunération augmenter de plus de 500 000 $ (100 000 $ pour M. Beaudoin, 170 000 $ pour M. Bellemare et 75 000 $ pour les quatre autres membres de la haute direction) seulement grâce à cette mesure.

Le PQ et la CAQ martèlent depuis des mois que le gouvernement aurait dû se négocier une place au sein du conseil d’administration en plus d’obtenir des garanties sur le maintien des emplois au sein de l’entreprise.

Le député péquiste Pascal Bérubé croit que la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a pour sa part investi 2 milliards de dollars au sein de la division Transports de Bombardier, pourrait tenter d’influence le vote des actionnaires pour qu’ils rejettent les augmentations de rémunération consenties à la haute direction.

Le député estime que le gouvernement de M. Couillard a le devoir de s’ingérer dans les affaires de Bombardier depuis qu’il a choisi d’y placer plus d’un milliard de dollars de l’argent des Québécois. Il ajoute que la participation de la Caisse de dépôt et placement du Québec milite également en ce sens.

Des mesures d'adoucissement

Devant le tollé général, le président du conseil d'administration, Pierre Beaudoin, a d'abord renoncé à son augmentation la semaine dernière. Le géant des transports a par la suite annoncé le report d'un an du versement des bonis prévus, de 2019 à 2020.

Philippe Couillard satisfait

Durant la période de questions à l'Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a défendu la volte-face de Bombardier, en affirmant que tout le monde allait être gagnant.

« Ils avaient déjà posé un geste qui n'était pas suffisant, le deuxième geste l'est, a-t-il déclaré. Pourquoi l'est-il? Parce que les augmentations qui ont été annoncées ne seront versées que si, et seulement si l'entreprise accroît ses activités, par exemple passe son chiffre d'affaires de 16 à 25 milliards de dollars, et, si ça arrive, tout le monde est gagnant. »

« Indécent », estime Legault

Le chef de la CAQ, François Legault, reproche au premier ministre de s’être satisfait d’un simple report (de 2019 à 2020) du paiement d'une partie de ces augmentations.

Il estime que les hausses de rémunération sont indécentes pour une entreprise qui a enregistré des pertes de 1,3 milliard de dollars.

Le chef de la CAQ dénonce la rémunération de 5 millions de dollars versée au président du conseil d’administration, Pierre Beaudoin. « Présider une réunion par mois, ça ne vaut pas 5 millions par année. »

Il a également souligné la présence de l’ancien premier ministre du Québec et chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Daniel Johnson, au sein du conseil d’administration de Bombardier. « On parle d’un paiement pour l’année 2016 – rémunération plus options – de 900 000 $ à Daniel Johnson », poursuit M. Legault.

Bombardier a provoqué la grogne populaire en annonçant des augmentations de plus de 50 %, en 2016, de la rémunération des membres de la haute direction de Bombardier, une année pourtant marquée par le licenciement de milliers d'employés dans le cadre du plan de redressement de l'entreprise.

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