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Brad Wall dévoilera son plan de lutte contre les changements climatiques mardi

Le premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall dévoilera mardi son livre blanc pour lutter contre les changements climatiques, en réponse à l'imposition d'une taxe fédérale sur le carbone.

Brad Wall présentera son plan lors d'un discours à la Chambre de commerce de Regina. La semaine dernière, il a indiqué que son programme ressemblera à celui de la candidate démocrate à la présidentielle américaine Hillary Clinton, un plan axé sur les investissements massifs dans le développement d'énergies vertes.

Hillary Clinton a promis de faire des États-Unis une superpuissance dans la lutte contre le réchauffement climatique en misant sur une transition économique vers les énergies renouvelables.

Si élue, elle souhaite installer 500 millions de panneaux solaires d'ici la fin de son mandat, tout en modernisant l'industrie du charbon aux États-Unis. Elle veut diminuer les avantages fiscaux dont bénéficient les producteurs de pétrole aux États-Unis pour les réinvestir dans les énergies propres.

Ce qui séduit surtout Brad Wall dans le plan Clinton est qu'il ne comprend pas une tarification sur le carbone. Il ne cesse de répéter qu'un prix sur les émissions de CO2 dès 2018 nuira à l'économie de sa province.

En s'inspirant du plan Clinton, Brad Wall devra chercher à transformer l'économie saskatchewanaise en économie verte, comme souhaite le faire la candidate à la Maison-Blanche dans son propre pays, indique René Audet, directeur de l'Institut des sciences de l'environnement à l'Université du Québec à Montréal.

Il croit que la Saskatchewan devra s'attaquer aux énergies polluantes comme le charbon, une importante source de la production énergétique en Saskatchewan.

« L'efficacité énergétique et les technologies vertes, ça va apporter des améliorations à la marge, mais si le secteur de l'énergie fossile continue à croître, ces améliorations vont être annulées au bout du compte », fait-il valoir.

Selon René Audet, Brad Wall privilégiera le captage et stockage de carbone, même si Hillary Clinton en fait à peine mention dans son plan. Cette technologie est utilisée notamment à l'usine de Boundary Dam, dans le sud de la province. « La plateforme de Clinton ne parle pas vraiment de séquestration du carbone, c'est une technologie qui est un peu contestée, c'est une technologie qui coûte cher à implanter. Son efficacité n'est pas démontrée », dit-il.

De son côté, la présidente de l'Association de la construction lourde de la Saskatchewan, qui représente les travailleurs des gros chantiers de construction, estime que Brad Wall doit prendre en compte les difficultés économiques de la province.

Chantal Lipp croit, comme Brad Wall, qu'une taxe sur le carbone serait dévastatrice pour la Saskatchewan. Elle souhaite toutefois que le gouvernement mette en place des incitatifs pour les innovations et les investissements dans des technologies moins polluantes.

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