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Brian Pallister débranché au Costa Rica, où il passe des vacances-travail

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, utilise rarement ses courriels et limite son usage du téléphone intelligent, et ce, même lorsqu'il passe plusieurs semaines dans sa propriété au Costa Rica.

En décembre, le premier ministre avait caractérisé ses séjours au Costa Rica comme étant des vacances-travail, avec un peu de temps en famille. Il avait aussi mentionné que pendant son mandat, il prévoit y passer jusqu’à deux mois par année.

Dans un entretien accordé à CBC/Radio-Canada, M. Pallister a confié qu’il possède un ordinateur portable dans sa résidence du pays centraméricain, mais qu’il ne s’en sert presque jamais. En outre, son téléphone intelligent est utilisé presque strictement pour les appels téléphoniques, et non pour les textos ou courriels.

M. Pallister a un compte de courriel gouvernemental, mais le chef progressiste-conservateur confirme qu’il n’y recourt qu’en cas d’urgence. Depuis qu’il est premier ministre, M. Pallister dit ne pas avoir rencontré une situation qu’il qualifierait d’assez urgente pour nécessiter l’utilisation du courriel.

J'aime communiquer directement, au téléphone ou en personne, parce que les courriels peuvent parfois être mal compris. Je préfère utiliser l'approche personnelle.

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

Une demande visant toute correspondance par courriel entre le premier ministre et ses cadres dirigeants avait été présentée en août, en vertu de la loi d’accès à l’information, mais aucun document n’avait été repéré.

Un premier ministre bibliophile

Brian Pallister assure que sa résidence au Costa Rica est branchée sur Internet, mais explique qu’il a plutôt tendance à passer son temps à lire et à écrire sur papier, et non devant l’ordinateur.

J’aime les livres. Certains diront que c’est vieux jeu, mais je crois que j'apprends plus de la lecture d’un livre que d’un article de presse, n’en déplaise à certains.

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

Le premier ministre ajoute qu’il apporte du travail avec lui et qu’il reçoit des informations de son personnel, au besoin. Toutefois, les communications ne se font pas par courriel, mais par téléphone.

Un gouvernement des années 1950?

« En 2017, ce n’est pas suffisant qu’une seule personne fournisse toute l’information au premier ministre pendant qu'il est assis sur le bord de la piscine », tranche le néo-démocrate Andrew Swan, qui croit que les méthodes de M. Pallister sont dignes d’un gouvernement des années 1950.

M. Swan ajoute qu’un leader moderne doit demeurer connecté en tout temps.

Selon l’analyste politique et professeur de l’Université du Manitoba, Chris Adams, la difficulté n’est pas la réticence du premier ministre à utiliser des technologies de communication modernes. « De toute façon, ce ne serait probablement pas [Brian Pallister] qui lirait ses courriels, mais des membres de son équipe », estime-t-il.

Le vrai problème est son absence tout court, dit le professeur Adams. En cas d’urgence, le public s’attend à ce que le chef de gouvernement soit réellement présent, et non au bout du fil.

L’analyste politique souligne également que l’absence du premier ministre lors d’évènements et de négociations pourrait avoir une incidence négative.

Le Bureau du premier ministre pourrait éprouver des difficultés avec certains groupes et acteurs majeurs si [Brian Pallister] ne se présente pas aux réunions importantes.

Chris Adams, analyste politique et professeur

« Une des forces de [Brian Pallister] est que c’est un dirigeant fort. On le voit depuis sa campagne électorale. Il assure que tous les membres de son caucus chantent sur la même note de musique », explique M. Adams.

« Le cabinet et le caucus vont donc suivre leur chef, soulève l’analyste politique. S’il s’absente pendant un certain nombre de semaines, M. Pallister ne peut pas compter sur le caucus ou ses ministres pour se débrouiller, car il a établi le modèle d’un chef très fort. »

En avril, Radio-Canada a trouvé des documents montrant que le chef progressiste-conservateur avait passé environ 240 jours au Costa Rica depuis son élection en tant que député en septembre 2012, soit l'équivalent d'un jour sur cinq.

Avec des informations de Samuel Rancourt, Laura Glowacki et Sean Kavanagh (CBC)

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