Malgré un retour à l'équilibre budgétaire et des milliards de dollars investis en santé et en éducation, les réactions à la suite du dépôt du budget sont plutôt partagées en Ontario.

Un texte de Sarah-Émilie Bouchard

Une première en dix ans, le gouvernement ontarien a annoncé jeudi un budget équilibré.

Les entrepreneurs contents

Pour les propriétaires de petites et moyennes entreprises, ce retour à l’équilibre budgétaire n’est rien de moins qu’un soulagement.

Simon Gaudreault explique « qu’une gestion plus difficile des finances publiques se traduit en général par des taxes plus élevées. »

Il se désole toutefois qu’aucune mesure concrète ne vienne faciliter la vie des propriétaires de PME en Ontario.

« On avait demandé une série de choses [ ... ] que ce soit en matière d’énergie, en matière de réglementation, de formation des apprentis, etc. Rien de tout ça ne semble avoir été approuvé. », soutient-il.

Rien pour calmer le marché immobilier

Bien que le gouvernement ait annoncé, il y a une semaine, une série de mesures visant à stabiliser le marché immobilier de la grande région de Toronto, plusieurs s’attendaient à ce que des mesures supplémentaires soient annoncées.

C’est le cas de la courtière en immobilier Monika Mérinat qui se dit déçue par le présent budget, car il n’aide en rien les premiers acheteurs.

Monika Mérinat aurait souhaité, par exemple, une baisse des taxes pour les acheteurs de Toronto qui paient deux taxes : une municipale et une provinciale lors de l’achat d’une propriété.

« J’ai toujours l’impression qu’on ne s’attaque pas au vrai problème », dit-elle.

Selon elle, les mesures déjà annoncées telles que la taxe de 15 % imposée aux acheteurs étrangers ne donneront pas les résultats prévus.

Il aura plutôt fallu dans ce budget, explique Monika Mérinat, des mesures visant à mettre fin au « système d’enchères à l’aveugle ».

« C’est ça qui fait monter [ les prix ] et qui crée une inflation galopante absolument délirante. »

Elle explique que ce système crée un précédent sur lequel les agents immobiliers se basent pour les ventes de maisons identiques.

Remise en question de l’assurance médicaments pour les jeunes

La création d’un programme d’assurance médicaments pour les jeunes de moins de 24 ans est sans aucun doute la grande surprise du budget ontarien.

Si, pour le NPD, le programme annoncé semble plutôt « improvisé » et ne répond pas aux besoins des Ontariens, pour d’autres, comme Alain Dupuis, il est clair qu’il aidera les plus vulnérables.

Selon le directeur du Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO), toutefois, il est difficile de dire combien d’étudiants en bénéficieront réellement.

« Souvent, avec les frais d’association étudiante, il y a une contribution à une assurance médicaments. C’est dur à dire combien d’étudiants n’étaient pas couverts par cette aide-là qui est souvent obligatoire. »

La Fédération canadienne des contribuables, elle, craint que le gouvernement utilise ce nouveau programme pour plaire à l’électorat en vue des prochaines élections, sans connaître les coûts qui y sont associés.

Pas de fonds pour l’université franco-ontarienne

Le ministre des Finances, Charles Sousa, a fait mention du projet d’une université franco-ontarienne dans son exposé budgétaire, il n’a toutefois pas annoncé de financement précis, comme l’espérait le Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO).

Autre déception du REFO : pas de soutien financier pour étudier en français en Ontario.

« La bourse pour étudier en français avait été abolie en 2012. On souhaitait voir une aide financière pour inciter les étudiants à poursuivre leurs études en français », ajoute M. Dupuis.

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