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Budget 2018 : peu de nouvelles mesures concrètes spécifiques pour l'Outaouais

Même si peu de mesures concernant directement l'Outaouais ont été annoncées mardi lors du budget du gouvernement de Philippe Couillard, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, estime que plusieurs aspects du budget seront positifs pour sa ville.

Le mot « Outaouais » se trouve à un seul endroit dans le discours sur le budget du ministre Carlos Leitao. C'est à l'endroit où il est annoncé que près de 7 milliards de dollars seront investis dans les infrastructures de l'enseignement supérieur, dont celles de l'Université du Québec en Outaouais (UQO).

« Le gouvernement reconnaît l’importance d’avoir un campus unifié. Il y a une volonté de le financer », a commenté le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

On ne connaît pas encore le montant exact qui sera alloué à l'UQO pour rapatrier le pavillon Lucien-Brault dans le campus actuel situé sur le boulevard Alexandre-Taché.

« Il n’y a pas de chiffres précis à ce stade-ci, mais au moins cette volonté-là est inscrite dans le budget », a estimé le maire.

Concernant les transports collectifs, M. Pedneaud-Jobin évalue que les investissements de Québec sont substantiels.

« On voit que M. Fortin [le ministre des Transports] a inscrit Gatineau dans le budget. Notamment, notre projet à l’ouest fait partie intégrante des grands projets de transports collectifs qui sont inscrits dans le Québec. On souligne l’importance de l’arrimage avec Ottawa. Globalement, il y a plus d’argent pour la mobilité durable. C’est presque 2 milliards de plus », poursuit-il.

La volonté de compléter les projets de Rapibus et de lien rapide vers l'ouest est mentionnée dans le Plan québécois des infrastructures 2018-2019, tout comme dans celui de l'année précédente, mais aucune nouvelle enveloppe budgétaire n'y est spécifiquement attachée.

Myriam Nadeau, présidente de la Société de transport de l'Outaouais (STO), voit comme « un signal positif » le fait que Québec soutienne le projet de développement du transport en commun dans l'ouest de la ville et l'arrimage du système avec celui d'Ottawa.

Le maire se dit aussi satisfait des investissements pour atténuer l'impact de la vente de cannabis.

L'autoroute 50

Aucune mesure n'a été annoncée pour les travaux d'élargissement de l'A-50, ce que déplore le maire de Thurso, Benoit Lauzon.

« Au niveau économique, il y a un impact assurément. C’est surtout au niveau de la sécurité », a-t-il réagi. « On a hâte que le gouvernement du Québec prenne le dossier au sérieux. »

Il regrette aussi qu'aucune annonce n'ait été faite pour le développement des transports vers les régions, qui faisait partie des demandes de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

En revanche, il se dit heureux de l'allègement des impôts pour les petites et moyennes entreprises (PME). « C’est une bonne nouvelle pour les PME dans notre territoire. J’espère que ces PME-là vont pouvoir aller vers l’innovation », a-t-il jugé.

Réinvestissements en éducation : un simple « remboursement »

Le budget de l'éducation augmente de 5 % avec ce budget. Mais pour la présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO), qui couvre le préscolaire, le primaire, le secondaire et la formation pour adulte, il ne s'agit que d'« un remboursement de ce qu'on a enlevé à l'éducation ».

« On sait que ce même gouvernement a plongé dans une austérité injustifiée le système d'éducation au Québec, donc maintenant il est tout simplement en train de rembourser finalement ce qu'on lui doit », a commenté Suzanne Tremblay.

Rien de spécifique à l'Outaouais en santé

Gilles Aubé, médecin et porte-parole du regroupement Équité Outaouais, est déçu que le budget ne fasse pas état de ce qu’il considère être un sous-financement des services sociaux, de santé, d’éducation dans la région et de mesures pour corriger cela.

« S’il n’y a pas de reconnaissance que l’Outaouais a un rattrapage à faire, alors malheureusement, non, ça ne répond pas à nos préoccupations à nous », a déclaré Dr Aubé.

Pour sa part, la présidente du syndicat des professionnels en soins de l’Outaouais, Lyne Plante, déplore qu'aucune annonce n'ait été faite pour les soins directs ou encore pour soutenir les infirmières qui souhaitent se spécialiser.

Avec les informations de Pascale-Marie Dufour, Roxane Léouzon et Chantal Payant

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