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Budget de l'Ontario : déficit de 4,3 milliards; université gratuite pour les moins nantis

Aide bonifiée pour les étudiants, hausse des taxes sur le tabac et le vin : le gouvernement ontarien a présenté, jeudi, un budget partagé et déficitaire, pour la neuvième année d'affilée, tout en maintenant sa promesse de sortir du rouge en 2017-2018.

Un texte de Michel Bolduc

Le budget se chiffre à 133 milliards de dollars.

Le déficit est revu à la baisse pour 2015-2016 (5,7 G$) et 2016-2017 (estimé à 4,3 G$).

La grande nouveauté dans le budget : la fusion des différents programmes d'aide aux études pour offrir une subvention équivalente ou supérieure aux droits de scolarité à des milliers d'étudiants du collégial et de l'université.

  

Des études gratuites

Les étudiants ontariens au baccalauréat se plaignent depuis des années de payer les droits de scolarité les plus élevés au pays.

Selon le ministre des Finances Charles Sousa, grâce au nouveau programme :

  • Plus de 50 % des étudiants postsecondaires dont le revenu familial est de 83 000 $ ou moins ne paieront pas de droits de scolarité.
  • 90 % des étudiants du collégial dont le revenu familial est de 50 000 $ ou moins recevront une aide supérieure à leurs droits de scolarité.
  • 70 % des étudiants universitaires dont le revenu familial est de 50 000 $ ou moins recevront une aide supérieure à leurs droits de scolarité.

La province n'investit « pas vraiment plus [d'argent] » dans l'aide financière aux étudiants, admet le ministre Sousa, qui explique que le nouveau programme est financé grâce au remaniement des fonds existants.

Marché du carbone

Le nouveau marché du carbone avec le Québec, le Manitoba et la Californie générera, selon le budget, 478 millions cette année et 1,8 à 1,9 milliard annuellement par la suite.

Le ministre des Finances, Charles Sousa, assure les Ontariens, qui devront payer plus pour l'essence et le gaz naturel notamment, que l'ensemble des fonds récoltés ira à des projets verts, incluant un nouveau programme de 100 millions pour aider les propriétaires à mieux isoler leur maison ou à changer leur fournaise afin d'être plus écoénergétiques.

Pour sa part, le chef de l'opposition, Patrick Brown, n'y croit pas.

De son côté, la chef du NPD, Andrea Horwath, trouve que le gouvernement manque de transparence en ne détaillant pas comment les fonds seront dépensés. Elle voudrait, par ailleurs, qu'il y ait une aide supplémentaire pour les aînés, notamment.

Prévisions trop optimistes?

L'Ontario prévoit un taux de croissance du PIB de 2,2 % en 2016, de 2,4 % en 2017, de 2,2 % en 2018 et de 2 % en 2019.

La province compte sur cette croissance, bien que modeste, pour l'aider à éliminer son déficit.

Il s'agit de prévisions « raisonnables », selon l'économiste Sébastien Lavoie, de la Banque Laurentienne, à condition que l'économie mondiale, particulièrement celle des États-Unis, continue à y mettre du sien.

De son côté, le ministre Sousa précise que le budget est hâtif cette année, pour offrir un degré de certitude aux familles et aux entreprises, question qu'elles maintiennent leurs dépenses, stimulant ainsi l'économie.

Le chef conservateur Patrick Brown ne croit pas, lui, que les libéraux pourront sortir du rouge dans moins de deux ans.

Hausse de la dette

La dette provinciale atteindra 296,1 milliards de dollars le 31 mars, selon le budget.

Les intérêts sur cette dette coûteront un demi-milliard de plus aux contribuables en 2016-2017. L'Ontario dépensera davantage en intérêts sur sa dette (11,8 milliards) que pour les services sociaux et communautaires, par exemple.

Le gouvernement fait valoir, toutefois, que le ratio de la dette nette par rapport au PIB se stabilise et devrait commencer à diminuer en 2017-2018.

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