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Budget N.-B. : des réactions de déception, de soulagement

Le deuxième budget du gouvernement Gallant au Nouveau-Brunswick s'attire des réactions de déception teintées de soulagement, dans certains cas.

Les syndicats du secteur public ne dénoncent pas aussi fortement les suppressions de postes qu'on pourrait le croire. Le président de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Nouveau-Brunswick, Patrick Colford, se dit « prudemment optimiste ». La fonction publique a évité des coupes draconiennes, selon lui.

« Je ne dirais pas que c'est dévastateur, mais je vais me permettre de dire que je suis inquiète », tempère toutefois Odette Robichaud, du Syndicat canadien de la fonction publique. Elle estime que les syndicats doivent prendre le temps de décortiquer le budget pour bien comprendre ses conséquences. Il faut voir, dit-elle, combien de postes seront éliminés par attrition et quel sera l'impact des suppressions sur les services publics.

Les syndicats s'inquiètent tous de ce dernier point et de l'examen « des modes de prestation des services » que veut mener le gouvernement, pour voir si des économies pourraient être réalisées en confiant au privé certains services public. À court terme, le gouvernement veut d'ailleurs conclure des partenariats avec le privé pour administrer certains registres comme celui des véhicules à moteur.

« Quels critères seront utilisés pour déterminer quels services devraient être publics et lesquels devraient être confiés au privé », demande Partrick Colford. Il espère que le gouvernement Gallant sera transparent sur la question.

L'augmentation de la TVH mal accuellie

À propos de l'augmentation de 2 % de la TVH, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) estime qu'elle pénalisera indûment les petites et moyennes entreprises et l'économie néo-brunswickoise en général, qui demeure fragile.

Le gouvernement aurait dû couper davantage dans l'appareil gouvernemental, selon Denis Robichaud, directeur des affaires provinciales à la FCEI. « Nos membres disent que c'est une économie qui est fragile, la confiance est fragile, donc une des choses qu'on va vouloir regarder, d'abord mesurer l'impact que ça va avoir, cette hausse de la TVH [...] et l'autre élément qu'on voudra regarder, est-ce qu'il y aura un plan de compensation pour les petites et moyennes entreprises ».

Le Front commun pour la justice sociale au Nouveau-Brunswick est également déçu de l'augmentation de la TVH, mais pour d'autres raisons.

Selon Pauline Bourque, coprésidente de cet organisme qui parle au nom des démunis, toute augmentation, même si elle est accompagnée de crédits, pénalise les personnes à faible revenu. « Le jour à jour des dépenses, c'est sûr que 2 % est un gros pourcentage à la fin de la semaine. Je sais qu'ils disent qu'ils vont augmenter le chèque de la taxe [le crédit], mais ça c'est quelque chose que tu reçois à tous les trois mois, ça aide pas pour le monde qui se débat de chèque à chèque ».

Elle se dit d'autre part déçue du fait que le budget ne fasse nulle mention de la lutte contre la pauvreté.

Municipalités : réaction en demi-teintes

Du côté des municipalités, dont traite passablement le budget, la réaction est mesurée. Le président de l'Association francophones des municipalités du Nouveau-Brunswick, Roger Doiron, se réjouit d'abord des incitatifs aux fusions ou regroupements municipaux et du maintien à leur niveau actuel des transfert aux municipalités pendant toute la durée du mandat du gouvernement Gallant.

Il est toutefois déçu du fait que le gouvernement n'ait pas retenu une suggestion de son organisme, à savoir une meilleure formule de financement des routes qui aurait apporté plus d'équité entre les municipalités et les districts de services locaux, administrés directement par le gouvernement.

Il s'inquiète d'autre part des coupes qui vont toucher le monde rural, comme les fermetures de centres d'appels.

« Alors si on coupe des services, comment est-ce qu'on encourage les individus à vouloir déménager dans ces régions-là ou à rester dans ces régions-la? »

L'opposition croit que ce sont les milieux ruraux qui souffriront le plus

De son côté, l'opposition officielle à l'Assemblée législative dénonce vivement les mesures annoncées lors du dépôt du budget, notamment la hausse de la TVH et les compressions dans la fonction publique.

« C'est une attaque aux milieux ruraux. Les gens vont payer plus cher et avoir une réduction de services », a lancé la députée d'Edmundston-Madawaska-Centre, Madeleine Dubé.

La province toujours au bord du gouffre

Selon l'économiste Richard Saillant, qui a signé un ouvrage intitulé Au bord du gouffre? au sujet de l'état des finances de la province, la situation du Nouveau-Brunswick n'a pas fondamentalement changé avec ce budget.

« Je vois difficilement comment ce budget-là va transformer la réalité des finances publiques de la province, en ce sens qu'on continue à ajouter près de 500 millions $ à la dette », dit-il. Il estime que le gouvernement Gallant a créé de grandes attentes en menant une « révision stratégique des programmes » qui s'est étalée sur plus d'un an, pour finalement accoucher d'une souris.

Le gouvernement Gallant dit avoir adopté une approche équilibrée en retenant autant d'options pour augmenter ses recettes que pour réduire ses dépenses.

Mais Richard Saillant estime que c'est bien davantage une approche politique qui a prévalu.

« On a un résultat qui est conforme à la réalité en Chambre [...]. Il y a une mince majorité, le gouvernement avait une mince majorité, ne pouvait sans doute pas se permettre une rationalisation qui pourrait être impopulaire localement. »

Éducation

L'Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) se dit encouragée par le portrait qui se dégage du budget provincial du Gouvernement du Nouveau-Brunswick et des investissements prévus en éducation.

Le président de l'AEFNB, Marc Arseneau, croit que le gouvernement a bien entendu les craintes du secteur de l'éducation. « Alors que nous nous attendions à un budget réduit en matière de financement du système éducatif, nos décideurs politiques semblent avoir compris, dans une certaine mesure, l'importance d'investir en éducation ».

Toutefois, la perte de cinquante postes d'enseignantes et d'enseignants inquiète l'Association.

De son côté, la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) se dit déçue du manque d'importance accordée à l'éducation postsecondaire par le gouvernement provincial.

Le président de la FÉÉCUM, Pascal Haché, condamne l'inaction du gouvernement et rappelle que l'Université de Moncton opérait déjà avec un budget déficitaire : « Le manque de financement affecte directement la qualité de l'éducation, une éducation qui néanmoins, nous coûtera plus cher l'année prochaine ».

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