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Cabinet de Scott Moe : à quoi peut-on s’attendre?

Le premier ministre désigné de la Saskatchewan et les membres de son Cabinet seront assermentés vendredi. Scott Moe deviendra ainsi le 15e premier ministre de la province. D'ici là, il devra choisir les membres de son équipe, une opération qui s'annonce complexe, selon des analystes politiques.

Un texte de Raluca Tomulescu

Le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politique publique à l'École Johnson Shoyama de l'Université de la Saskatchewan, Daniel Béland, compare la tâche de Scott Moe de former son Cabinet à un jeu d'équilibriste, même si le Parti saskatchewanais demeure au pouvoir.

Daniel Béland explique que toutes les régions de la province devraient être représentées au Conseil des ministres, et pas seulement les régions rurales.

Il estime que Scott Moe devra aussi « faire un effort » sur le plan de la représentation homme-femme.

« Le premier ministre devra essayer de maintenir l'unité de son parti, tout en essayant de montrer à la population qu'il s'intéresse à tout le monde et pas seulement à certaines régions de la province ou certains groupes en particulier », indique M. Béland.

Le professeur en politiques publiques de l'Université de Regina, Ken Rasmussen, va dans le même sens que Daniel Béland.

Selon lui, Gord Wyant et Tina Beaudry Mellor étaient des candidats rivaux de Scott Moe dans la course à la direction du parti, mais il faut s'attendre à ce qu’ils décrochent des postes importants au Cabinet, car ils proviennent de circonscriptions urbaines.

Par ailleurs, d’après l’analyste, ils représentent un côté plus libéral du Parti saskatchewanais dont Scott Moe a besoin, car le premier ministre désigné appartient davantage à la droite de la formation politique.

Ken Rasmussen s'attend à ce que Jeremy Harrison soit de retour au Conseil des ministres, en raison de son expérience. L’ancien ministre de l’Économie avait démissionné pour se lancer dans la course à la direction du parti, mais s’était par la suite retiré afin de soutenir son « ami de longue date », Scott Moe.

Quant à l’actuelle ministre de l’Éducation, Bronwyn Eyre, l’analyste estime qu’elle pourrait quitter le Conseil des ministres ou hériter d’un portefeuille de moins grande envergure.

Bronwyn Eyre avait remis en question l'enseignement de l'histoire autochtone dans les écoles de la province.

La taille du Cabinet, une contrainte supplémentaire

Lors de sa campagne à la course à la direction du parti, Scott Moe a bénéficié de l’appui de 23 membres du caucus.

Or, le Cabinet ne compte pour l’instant que 17 sièges.

Selon Daniel Béland, certains députés qui ont accordé leur soutien à Scott Moe vont forcément être déçus, et il y a des chances qu’il s’agisse de députés représentant des circonscriptions rurales.

D’autre part, le nouveau premier ministre ne pourra pas vraiment augmenter la taille du Cabinet dans une période de contrôle des finances, une contrainte supplémentaire, ajoute le spécialiste.

Et le Conseil exécutif ?

Selon Daniel Béland, Scott Moe sera confronté aux mêmes défis pour le choix des fonctionnaires de son équipe, que pour son Conseil des ministres.

Il devra décider s'il accorde un rôle à Alanna Koch dans son gouvernement, qui était la sous-ministre de Brad Wall avant de se lancer dans la course à la direction du parti.

Après son entrée en fonction, Scott Moe devra s’atteler à la préparation du prochain budget de la province.

Les travaux parlementaires du printemps doivent reprendre en mars.

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