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Caméras dans les CHSLD : les résidents pourraient décider eux-mêmes

EXCLUSIF - Le gouvernement du Québec propose de laisser les patients dans les CHSLD prendre seuls la décision d'installer une caméra ou un dispositif d'enregistrement dans leur chambre, indiquent les orientations ministérielles, obtenues par Radio-Canada, qui seront déposées mercredi dans le cadre de la commission parlementaire sur le projet de loi 115 sur la maltraitance.

Avec les informations de Davide Gentile

Ainsi, les établissements n'auraient pas le droit d'installer une caméra. Seuls l'usager et son représentant légal pourraient le faire et cela, peut-on lire, « n’exige pas l’autorisation préalable de la part de l’établissement ».

Québec propose que ni les autorités ni les employés ne soient avisés de l’installation d’une telle caméra et qu’aucun avertissement ne soit visible à l’entrée des chambres.

Tout au plus, « l’établissement doit installer un panneau signalétique visible dans son hall d’entrée pour indiquer la présence possible de caméras de surveillance », indiquent les orientations ministérielles.

Pour l'avocat Jean-Pierre Ménard, spécialisé dans la défense des usagers du système de santé, cette autonomie est bienvenue. « Je pense que le patient, il est chez lui, et c'est à lui de décider de quel moyen de surveillance lui et son représentant veulent se doter », dit-il.

« Lorsque le personnel savait qu'il y avait une caméra dans une chambre, on a vu des cas où on traite la personne différemment, même un cas où il y a eu boycottage du patient, parce qu'on savait qu'il y avait une caméra », ajoute Me Ménard.

La CSN ne s'oppose pas à l'utilisation de caméras, mais exige des balises serrées. « Ça prend des motifs très sérieux pour installer une caméra de surveillance, et l'employeur a le fardeau de la preuve de montrer qu'il y a des motifs très sérieux », souligne le vice-président de la centrale syndicale, Jean Lacharité.

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