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Caméras en CHSLD : la proposition de Québec inquiète les centrales syndicales

Si l'objectif du projet de loi sur la maltraitance envers les aînés fait l'unanimité parmi les grandes centrales syndicales, l'un des moyens préconisés par le gouvernement pour l'atteindre est vu d'un mauvais oeil par plusieurs d'entre elles, qui exigent que l'utilisation des caméras par les résidents soit balisée.

La possibilité que des résidents installent des caméras de surveillance selon leur bon vouloir dans leur chambre, sans en aviser le personnel, inquiète le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, Guy Laurion. « Pour nous, l’utilisation des caméras est loin d’atteindre les objectifs du projet de loi », a-t-il dénoncé.

À l’instar des recommandations du comité national d’éthique, M. Laurion réclame des balises permettant d’utiliser les caméras seulement pour des cas précis. Cette requête trouve écho auprès de la présidente de la CSQ, Louise Chabot, qui estime que le recours à de tels enregistrements devrait être « exceptionnel et temporaire ».

Dans le cadre du projet de loi 115 sur la maltraitance, le gouvernement du Québec suggère de laisser les usagers des CHSLD déterminer s'ils veulent installer une caméra ou un dispositif d'enregistrement dans leur chambre.

La proposition du gouvernement ne représente pas une atteinte aux droits du personnel, puisque l'employé n'est pas présent « 24 heures sur 24 » et que la caméra n'est pas là pour filmer « de façon permanente ses faits et gestes », a tranché le Barreau du Québec.

Bris de confiance

Toutefois, pour Guy Laurion, c’est un poids supplémentaire qu’auront à porter les travailleurs. « Le personnel est le premier sur la ligne de front, souligne-t-il. Il subit déjà les compressions budgétaires, la réorganisation du réseau de la santé et des services sociaux… et en plus, on amène dans son milieu de travail un moyen de contrôler ce qu’il fait! »

Le lien de confiance, déjà brisé en raison de la charge de travail immense avec laquelle doit composer un personnel sous-financé et trop peu nombreux, encaisserait un dur coup si le gouvernement n’agit pas, estime M. Laurion. « Ça va créer des climats qui ne sont pas propices à l’établissement de la relation d’aide qui est nécessaire » entre l’usager et le personnel soignant, ajoute-t-il.

Sans être opposé au recours aux caméras, le président de la FTQ, Daniel Boyer, en a contre ce que laisse sous-entendre cette nouvelle mesure. « C’est comme si l’on prétendait que l’ensemble des gens, ou une majorité des préposés aux bénéficiaires, étaient des délinquants », a-t-il dénoncé en point de presse.

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Régine Laurent, s'inquiète du danger de mal interpréter les images captées par les caméras. Mme Laurent est d'avis qu'une consultation publique sur la vidéosurveillance doit avoir lieu pour s'assurer que le système de caméras est sécurisé.

Les règles envisagées par Québec interdisent l'utilisation publique des enregistrements vidéo. Par ailleurs, la caméra ne devra pas porter atteinte à la vie privée d'autres résidents et son utilisation continuelle ne sera pas « privilégiée ».

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