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Campagne électorale à T.-N.-L. : l'exode rural, un enjeu incontournable

L'un des enjeux de la campagne électorale qui s'amorce à Terre-Neuve-et-Labrador sera très certainement l'exode des jeunes.

Il s'agit d'un problème de taille auquel font face toutes les régions rurales de la province.

Le village de Baie Verte, dans la péninsule du même nom, n'y échappe pas.

La pêche occupe encore une grande place dans l'économie locale. Mais elle ne suffit plus à retenir les jeunes dans la région.

Robert Starkes, propriétaire d'une entreprise qui construit des maisons modulaires à La Scie, une communauté voisine, paie le prix de cet exode.

« Avant, dit-il, les jeunes venaient travailler ici après leur secondaire... mais on ne voit plus ça. C'est chose du passé! »

Il emploie une vingtaine de personnes et s'inquiète pour l'avenir. « On doit trouver le moyen de retenir les jeunes ici, sinon c'est notre communauté qui va mourir », lance-t-il.

Dans la péninsule de Baie Verte, de 2001 à 2011, plus de 6000 personnes âgées de 15 à 44 ans ont quitté la région, soit une diminution de 35 % de la population en âge de travailler.

Robert Starkes peine à trouver des employés qualifiés. Plusieurs, au fil des ans, sont partis travailler en Alberta.

Un problème répandu

Plusieurs autres régions rurales de Terre-Neuve sont aux prises avec le même problème :

  • La péninsule de Port-au-Port
  • La grande péninsule du nord
  • Les régions de Burgeo et de Harbour Breton
  • Les péninsules de Bonavista et de Burin

Les enfants de Jean Thomas, de La Scie, travaillent en Alberta. Elle reconnaît que l'industrie des sables bitumineux a été une planche de salut pour sa famille. « L'argent de Fort McMurray a été bon pour notre famille et beaucoup d'autres ici! »

Mme Thomas et une cinquantaine de collègues ont perdu leur emploi lorsque l'usine de transformation du poisson de La Scie a fermé ses portes, en 2011. Ce fut un dur coup pour la communauté.

Mme Thomas a décidé de prendre sa retraite.

D'autres travailleurs licenciés ont été engagés par Robert Starkes.

Mais avec un taux de chômage de 13,4 % (août 2015), près du double de la moyenne canadienne, les emplois ne pleuvent pas dans la région.

Robert Starkes affirme qu'il faut convaincre les jeunes de rester. En cette période électorale, il estime que le gouvernement qui sera élu, le 30 novembre, devra en faire une priorité.

Il faut, selon lui, aider les gens à lancer de nouvelles entreprises, aider les jeunes à y arriver, et investir dans des infrastructures comme les routes pour transporter les produits.

Certaines routes de la région n'ont pas été repavées depuis 40 ans. Une éternité, selon Robert Starkes, ce qui n'aide en rien le développement économique de la région.

D'après un reportage de Philippe Grenier

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