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Cannabis : Gatineau n'ira pas plus loin que la loi provinciale

Après quatre mois de discussions et de consultations auprès d'experts et de partenaires, la Commission Gatineau, Ville en santé a recommandé aux élus gatinois, jeudi, d'appliquer la loi provinciale sur le cannabis plutôt que d'adopter des règles municipales plus contraignantes. Autrement dit, la Municipalité n'ira pas plus loin que la province.

Dans un vote indicatif, la majorité des conseillers de la Ville de Gatineau ont appuyé la recommandation de la commission. Le vote final aura lieu lors de la prochaine séance du conseil municipal, le 3 juillet.

Seul le conseiller Mike Duggan a voté contre cette recommandation, indiquant qu'il aurait souhaité que la consommation de cannabis soit interdite sur la voie publique, comme pour l'alcool. M. Duggan a toutefois voté en faveur des autres recommandations, liées notamment à la campagne d'information que mènera la Ville face à la légalisation du cannabis.

Pour sa part, la conseillère Nathalie Lemieux a enregistré sa dissidence face à toutes les recommandations, en déclarant qu'elle souhaitait se dissocier d'une décision imposée par le gouvernement fédéral.

Une loi suffisante

Selon la Commission Gatineau, Ville en santé, la loi québécoise qui encadrera les lieux de production, de distribution et de consommation du cannabis, une fois légalisé, est suffisante.

Gatineau appliquera donc les mêmes règles que celles pour le tabac, lesquelles interdisent de fumer sur les terrains de la Ville, dans les parcs munis d'aires de jeux d'enfants ou à proximité des écoles.

La présidente de la commission, la conseillère Renée Amyot, a soutenu que des mesures plus restrictives iraient à l'encontre de l'esprit de la loi provinciale, qui est de réduire les méfaits liés au cannabis, protéger les populations plus vulnérables et éviter de marginaliser davantage les personnes plus défavorisées.

« L'actuelle prohibition ne donne pas les résultats escomptés. L'échec de la lutte contre l'usage des drogues a forcé la remise en question des façons traditionnelles de faire en matière d'intervention basée sur la répression et l'abstinence, au profit d'une approche dite pragmatique, inspirée d'une plus grande tolérance », a-t-elle dit.

En tout, la Commission Gatineau, Ville en santé a étudié trois options, soit l'application de la loi québécoise sans mesure additionnelle, son application avec l'interdiction de consommer du cannabis dans tous les parcs ou son application avec l'interdiction du cannabis dans tous les lieux publics.

La prévention, la priorité

Les recommandations de la commission prévoient également une vaste campagne d'information pour mieux expliquer les enjeux liés à la légalisation du cannabis. Elles suggèrent aussi que Gatineau dresse un bilan des impacts de la légalisation après un an. La Municipalité estime qu'un budget de 80 000 $ sera nécessaire pour réaliser ces activités.

Le mandat de la commission visait à analyser l'impact de la légalisation du cannabis sur la réglementation municipale. Un sondage téléphonique et électronique a été mené et des groupes de discussions ont été mis sur pied.

À quand la Société québécoise du cannabis en Outaouais?

Par ailleurs, les quatre premières succursales de la Société québécoise du cannabis devraient faire leur apparition dans les villes de Québec, Lévis, Drummondville et Trois-Rivières.

Aucune date n'est prévue pour l'instant pour l'ouverture d'une succursale en Outaouais, mais Mme Amyot a indiqué qu'il y en aurait assurément une dans la première année suivant la légalisation du cannabis, prévue le 17 octobre.

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