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Cannabis : L'encadrement de la conduite avec facultés affaiblies, critiqué par des experts

Le cadre législatif déposé mardi par le Nouveau-Brunswick pour encadrer la conduite avec facultés affaiblies par les drogues, telles que la marijuana, est critiqué par des experts.

Le ministre de la Sécurité publique a indiqué que des tests salivaires seront utilisés pour détecter les conducteurs dont les facultés auraient été affaiblies par le cannabis. Or, ce genre de test est loin de faire l'unanimité.

« Les tests salivaires existent déjà, mais aucun n'est précis et aucun n'est accepté en cour, même dans les états américains qui ont légalisé les tests salivaires », explique Line Beauchesne, professeure titulaire au département de criminologie, Université d'Ottawa

Selon les experts, seulement les tests sanguins peuvent dire si une personne a consommé du cannabis. Ceci dit, les tests salivaires coûtent extrêmement cher.

En plus de douter de l’efficacité du test, certains estiment que l’augmentation du nombre d’accusations liées à la conduite avec facultés affaiblies risque d’engorger la cour.

« Si on a une nouvelle loi qui n’a pas été révisée et qui n’est pas claire, il va y avoir beaucoup de nouvelles accusations. La cour va être inondé », mentionne Mathieu Boutet, un avocat de la défense, spécialisé dans la défense des conducteurs accusés de conduite avec facultés affaiblies.

Une augmentation des coûts à Bathurst

La ville de Bathurst, qui à sa propre police municipale, ne sait pas encore si cela va engendrer une augmentation des coûts.

Le maire, Paolo Fongemie, estime toutefois qu’il devra probablement ajoute des effectifs policiers.

« Si une arrestation prend de 3h à 4h, il faudra ajouter des patrouilles », dit-il.

De plus, le maire songe à mettre en place un règlement municipal pour les gens qui feront la culture de la marijuana à domicile.

Le gouvernement a indiqué que les adultes pourront avoir jusqu'à quatre plants ou 30 grammes de cannabis chez eux, dans un contenant ou une salle verrouillée.

De son côté, le ministre de la Justice et la sécurité publique a annoncé avoir identifié 18 spécialistes dans la province pour détecter la drogue ou l'alcool au volant.

Cependant, le niveau de préparation des agents et l'échéancier pour les équipements sont inconnus pour le moment.

Le plus important corps de police de la province, la GRC, n'a pas répondu à demande d’entrevue de Radio-Canada.

D'après un reportage de Nicolas Steinbach

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