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CAP Harper : un effet pervers des élections à date fixe, croit Kingsley

Selon l'ancien directeur général des élections du Canada Jean-Pierre Kingsley, la naissance d'organisations comme le CAP Harper découle de l'instauration d'élections à date fixe au pays. Il déplore qu'aucune règle n'encadre ces groupes dans la période précédant la campagne électorale.

On apprenait cette semaine que des militants conservateurs ont créé un comité d'action politique (CAP) cherchant à convaincre les Canadiens d'appuyer le gouvernement Harper. L'organisation a lancé une campagne radiophonique dénigrant le chef libéral Justin Trudeau.

Jean-Pierre Kingsley juge que le nouveau CAP Harper s'inspire nettement des comités d'action politique financés par de riches intérêts privés aux États-Unis. Il estime que leur émergence sur la scène canadienne était prévisible depuis que des élections sont prévues à date fixe au Canada.

« On vient d'accuser un recul de 40 ans en ce qui a trait au progrès qu'on avait accompli pour contrôler l'argent en politique dans ce pays-ci », a-t-il indiqué en entrevue à Radio-Canada. Il souligne qu'au pays, seules les dépenses réalisées en campagne électorale sont soumises à une réglementation.

« Il n'y a pas de loi qui régit ces choses-là. Tout ce qui concerne les élections n'entre en vigueur que lorsque le bref sera émis », dit M. Kingsley. « Tout ce qui se passe avant, la publicité que l'on voit, que l'on entend, on ne sait pas qui contribue. Ils peuvent contribuer autant d'argent qu'ils le veulent : rien ne les force de divulguer qui ils sont, et les sources de financement pourraient être des sources étrangères », ajoute-t-il.

Pour l'ex-DGE, une solution assez évidente à ce problème serait d'imposer des règles pour une période pouvant aller de six mois, neuf mois ou un an avant la date fixée de l'élection. Cela pourrait empêcher que de tels groupes mènent des campagnes qui, selon lui, gagneront en importance d'élection en élection si rien n'est fait.

Plus loin que les Américains

Selon Jean-Pierre Kingsley, prétendre que le CAP Harper ne puise pas son inspiration des États-Unis est une insulte à l'intelligence des Canadiens.

« On les imite, d'ailleurs on va plus loin qu'eux. Eux contrôlent l'argent qui vient de l'extérieur du pays, des États-Unis, nous, on ne le fait pas ici », ajoute-t-il.

Stephen Taylor, un porte-parole du CAP Harper, soutient quant à lui que son groupe cherche seulement à répliquer aux organisations de gauche qui tentent de se mobiliser à l'échelle nationale et provinciale. Il a nié que son organisation veuille imiter les groupes d'action politique américains.

De leur côté, les néo-démocrates tentent de se servir du CAP Harper comme repoussoir. Ils ont lancé leur propre campagne de souscription en invitant, sur le site Internet du parti, partisans et sympathisants à verser un montant d'au moins 5 $ avant le 30 juin.

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