Si la députée du Parti québécois Carole Poirier ne s'était pas présentée à l'étude des crédits sur la condition féminine avec une déclaration explosive, jamais cette histoire n'aurait fait la manchette.

Un texte de Martine Biron

On peut certainement reconnaître à Mme Poirier un côté fonceur, mais elle n'est généralement pas du genre à faire des vagues. Cette fois-ci par contre, elle s'est permis de pousser l'audace.

Dans son allocution d'introduction, vendredi dernier, Carole Poirier a déclaré : « Depuis deux ans, ce gouvernement s'emploie à mettre en oeuvre des actes de violence et de discrimination sexiste, qui peuvent être physiques, psychologiques, verbaux, économiques, sexuels, sociaux et politiques ».

Le malaise a été instantané dans la salle. Mais malgré les « oh » et les « ah » de ses vis-à-vis libéraux, Carole Poirier n'a pas bronché.

La déclaration osée a fait l'objet d'un communiqué du gouvernement libéral, qui a dénoncé les excès de la députée. Mais Mme Poirier a refusé d'y donner suite. Si bien que quatre jours plus tard, la vice-première ministre et ministre responsable de la condition féminine, Lise Thériault, a réclamé des excuses. Tout au plus, Mme Poirier a admis une « métaphore malheureuse ».

Chaude lutte dans Hochelaga-Maisonneuve

La question est donc : pourquoi Carole Poirier refuse-t-elle de s'excuser, alors que de toute évidence sa déclaration va beaucoup trop loin?

Une partie de la réponse se trouve peut-être à 250 kilomètres de l'Assemblée nationale, dans sa circonscription d'Hochelaga-Maisonneuvre, là où le principal adversaire du Parti québécois n'est pas le Parti libéral, mais plutôt Québec solidaire.

Le candidat qui lui fait craindre le pire est Alexandre Leduc, un conseiller syndical à l'Alliance de la fonction publique du Canada qui s'implique beaucoup dans la circonscription. Il s'est présenté une première fois en 2012. Carole Poirier avait gagné avec une majorité de plus de 6000 voix. Mais en 2014, Alexandre Leduc a gagné des appuis et la majorité de la députée péquiste a fondu à 1112 voix.

À la fin de la campagne à la direction du Parti québécois, Carole Poirier a même fait le choix de n'appuyer aucun candidat, histoire de prendre ses distances avec un Pierre Karl Péladeau beaucoup trop à droite pour ses électeurs.

Tout ça pour dire que lorsque Mme Poirier a fait sa déclaration, elle s'est inspirée d'un rapport du Regroupement des centres de femmes sur les impacts des mesures d'austérité. L'R des centres de femmes est très proche des idées que portent Québec solidaire et des électeurs que courtise la députée péquiste.

Carole Poirier sait une chose : ce qui se passe à l'Assemblée nationale fait peut-être sursauter le gouvernement à l'occasion, mais pour pouvoir y siéger, il faut d'abord être élue dans sa circonscription.

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