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Ce qu'ils retiennent de l'élection du PQ en 1976

François Gendron, 72 ans

Le doyen de l’Assemblée nationale, François Gendron, détient un record de longévité au sein d’une législature provinciale et territoriale au Canada. Il a été élu ou réélu à 11 reprises dans la circonscription d’Abitibi-Ouest.

Mais cette soirée du 15 novembre 1976, lorsqu'il a été élu député pour la première fois, avait quelque chose d’unique. « Vous n’avez pas idée combien de temps j’ai passé [à sauter] dans les airs au deuxième étage d’un hôtel. La police est venue parce qu’elle pensait que le plancher s’effondrait. […] Je vais m’en rappeler toute ma vie », a-t-il raconté à l’émission Gravel le matin.

Quarante ans plus tard, François Gendron se souvient de la fierté d’alors, cette fierté qui « peut donner des moments extraordinaires ». Depuis, il a cumulé de nombreuses fonctions, de ministre à chef intérimaire, en passant par celle de président de l’Assemblée nationale.

Maintenant vice-président de l'Assemblée, M. Gendron souhaiterait que les jeunes soient mieux informés au sujet de cette époque et de l’enjeu de l’indépendance, toujours d’actualité selon lui. Il se désole de l’état des forces souverainistes, qui rend plus difficile l’accession à l’indépendance du Québec : « Ça va être difficile à mort, pour des raisons que vous savez, la division dans notre clan. »

Celui que l’ancien premier ministre René Lévesque appelait affectueusement « le flo » a été honoré par l’ensemble des partis politiques à l’Assemblée nationale, mardi. En présence de sa famille dans les tribunes, il a ensuite livré un témoignage émouvant sur sa carrière de politicien.

Dans la vie, on peut changer ses priorités, mais on ne peut jamais changer ses valeurs.

François Gendron, député d'Abitbi-Ouest

Mireille Jean, 56 ans

La députée de Chicoutimi, Mireille Jean, n’avait que 16 ans au moment des élections de 1976. « Oui, je m’en souviens. À la télévision, on voyait les images de chacun des candidats et de la frénésie qui arrivait », a-t-elle affirmé.

Après 40 ans, Mme Jean se dit persuadée que la vitalité demeure au Parti québécois, malgré ses nombreuses morts annoncées, et malgré le fait que le dernier gouvernement majoritaire péquiste remonte à 1998.

Il est arrivé un événement majeur avec le référendum de 1995 et, depuis ce moment, il a fallu se repenser, se reconstruire. Je pense que c’était normal qu’on passe à travers ce creux-là.

Mireille Jean, députée de Chicoutimi

Mathieu Traversy, 32 ans

Comme plusieurs aujourd’hui, le plus jeune député péquiste, Mathieu Traversy, n’était pas encore né quand les troupes de René Lévesque ont pris le pouvoir. C’est dans ses cours de science politique à l’université qu’il dit avoir pris la mesure réelle de cette victoire.

On a réussi à garder en mémoire cette confiance que le peuple québécois s’est donnée en 1976. […] On voit que cette fébrilité est toujours présente, peut-être à divers degrés, mais elle est toujours palpable dans le paysage québécois.

Mathieu Traversy, député de Terrebonne

Ce paysage politique, il le reconnaît, s’est néanmoins transformé depuis cette époque, laissant place à une pluralité de partis ayant pour ambition l’accession à la souveraineté du Québec.

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