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Centres d'injection supervisée des réactions mitigées dans la région

L'annonce de la ministre de la Santé, Jane Philpott, lundi, de faciliter l'ouverture de centres d'injection supervisée au pays, suscite des réactions partagées dans la capitale nationale.

Le porte-parole de Santé publique Ottawa, Éric Leclair, a réitéré son appui à l'implantation d'un centre d'injection supervisée pour aider les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie.

« Nous examinerons les détails de l'annonce faite aujourd'hui par la ministre de la Santé », a indiqué Éric Leclair par courriel. « Nous nous réjouissons à l'idée de collaborer avec tous les paliers de gouvernements alors que nous continuons de lutter contre la consommation de drogues dans notre communauté. »

Interrogée sur la pertinence des centres d'injection supervisée, peu de temps avant l'annonce de la ministre Philpott, la députée fédérale d'Ottawa-Centre, Catherine McKenna, s'est dite, pour sa part, bien consciente des enjeux dans ce dossier.

« Le gouvernement fédéral sait qu'on doit faire quelque chose pour aider ceux qui ont une dépendance », a affirmé la députée McKenna. « Les centres d'injection supervisée sont une solution. On va travailler avec chaque municipalité. »

La députée d'Ottawa-Vanier, Nathalie Desrosiers, est tout aussi favorable à l'idée.

« Ces sites semblent sauver des vies donc, c'est une responsabilité de la communauté d'évaluer si elle peut contribuer dans un tel contexte », a expliqué la députée Desrosiers. « Toutefois, il ne faut pas qu'un problème social en crée d'autres, alors c'est très important d'avoir des sites où toutes les meilleures pratiques sont observées. »

Un risque pour la communauté?

Le chef de police d'Ottawa, Charles Bordeleau, reste septique. Il craint que l'implantation d'un tel centre ne fasse augmenter la criminalité.

« Il s'agit avant tout d'une question de santé », a-t-il expliqué par courriel lundi après-midi. « Toute décision concernant l'implantation d'un centre d'injection supervisé doit faire l'objet d'une importante consultation publique. »

Le chef Bordeleau ajoute que le service de police a reçu une proposition pour un centre d'injection supervisé à Ottawa. La proposition est pour l'instant à l'étude afin de déterminer l'impact que pourrait avoir un tel centre en termes de criminalité.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, n'était pas disponible lundi soir pour commenter l'annonce du gouvernement Trudeau.

Faciliter l'implantation des centres d'injection supervisée

Les ministres fédéraux de la Santé, Jane Philpott, et de la Sécurité publique, Ralph Goodale, ont présenté, lundi, une série de changements législatifs pour faciliter l'ouverture de nouveaux sites d'injection supervisée.

Le projet de loi C-37 s'inscrit dans le cadre d'une nouvelle Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances.

Lorsqu'il sera adopté, ce texte facilitera l'implantation de sites d'injection supervisés. Au lieu de se plier aux 26 conditions obligatoires qui prévalaient par le passé, les villes auront à remplir cinq grands critères.

Il faudra établir que l'établissement d'un site d'injection supervisée est d'intérêt public, que la communauté a été consultée, que l'impact sur la criminalité sera limité et qu'il y aura des ressources suffisantes pour gérer un tel centre.

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