« Si on a le droit de vote, on va voter! » À 95 ans, Mérilda Godin ira faire son devoir de citoyenne pour la énième fois, le 7 juin prochain. Et ils sont proportionnellement nombreux de sa génération à avoir le même réflexe. Nous leur avons demandé ce qui les motive à se rendre aux urnes.

Un texte de Jérémie Bergeron

Mercredi matin, Chelmsford, dans le Grand Sudbury. Nous avons donné rendez-vous à cinq personnes âgées dans le lobby de la Villa Saint-Gabriel, pour discuter de l’importance de voter. Après tout, on dit qu’on a tout à apprendre de nos aînés.

Sauf qu’une fois arrivé sur place, on nous apprend qu’un virus afflige plusieurs résidents. Seule Mérilda Godin est assez en forme pour nous rencontrer.

« Moi je couleure, c’est super trending chez les femmes astheure », lance d’emblée Mme Godin. Elle l’avoue, ses journées sont déjà assez remplies avec le coloriage et la lecture. À 95 ans, la politique est un peu moins une priorité. « La politique, ç’a toujours été important, mais pas autant que quand j’étais plus jeune. »

Madame Godin n’hésite cependant pas à afficher ses couleurs auprès des autres bénéficiaires. « C’est aux gens à prendre leur décision, mais des fois je les influence un peu aussi! Je les influence de voter comme moi! », ricane celle qui a toujours voté pour le même parti.

Après un certain temps, la nonagénaire nous demande si l’entrevue se termine bientôt. « J’ai bien aimé ça, mais je me demande comment longtemps ça va durer! » Ses cahiers à colorier l’attendent dans sa chambre.

La ténacité des aînés

Deuxième arrêt : le club de l’âge d’or d’Azilda. Le temps d’un dîner, une cinquantaine de retraités franco-ontariens se réunissent dans une petite salle.

« Si jamais je suis à l’hôpital, venez me chercher, et venez me faire mettre mon X », raconte Jacqueline Fôret, 75 ans. « C’est important de voter. On a appris ça de nos parents quand on était jeune et on avait hâte de voter. »

Et statistiques à l’appui, les aînés sont nombreux à voter. En Ontario, 78 % des 65-74 ans ont exercé leur droit de vote lors des dernières élections fédérales de 2015. Le taux de participation était beaucoup plus anémique chez les Ontariens âgés de 25 à 34 ans avec 55 %.

Exercer son droit de vote a plusieurs effets positifs sur les aînés, aux dires de la professeure spécialisée en vieillissement à l’Université d’Ottawa, Martine Lagacé. « Ne serait-ce que sur le plan psychologique, aller voter pour une personne âgée c'est bon pour son estime d'elle-même. »

Les enjeux des aînés

Mais vote-t-on pour les mêmes raisons lorsqu’on vieillit?

« C’est [pour des raisons] médicales, quand on va à l’hôpital », croit Donna Brideau, 77 ans. « C’est pour notre plan de pension ! », enchaîne le grand chevalier des Chevaliers de Colombs Ste-Agnès Azilda, Rino Dubé, 68 ans. « Mais c’est aussi pour garder des choses pour les jeunes! On s’intéresse aux jeunes », raconte pour sa part Pauline Poulin, 78 ans.

Chaque fois qu’on abordait le taux d'abstention chez les jeunes, le ton montait au club.

« S'ils savaient aujourd’hui ce qu’on a [vécu], je pense qu'ils voteraient eux aussi!, s’exclame Donna Brideau. On a tout vu! La misère comme le beau temps, j’ai tout vu ça moi. »

Âgée de 69 ans, la conseillère municipale de Sudbury, Évelyne Dutrizac, abonde dans le même sens. « Faut aller voter! Vous avez une perspective qui est différente de nous, mais c’est important de faire valoir vos valeurs. » Un message qui doit être entendu par les millénariaux, croient la majorité des personnes croisées lors de notre périple.

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