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Ces conservateurs qui appuient Stephen Harper sur la question des migrants

Les électeurs les plus conservateurs du pays semblent soutenir les engagements de Stephen Harper sur la question des migrants. Il suffit de se rendre dans le château fort conservateur de Battleriver-Crowfoot, en Alberta, pour s'en rendre compte.

Un texte de Sylvain Bascaron

Cette circonscription englobe une bonne partie de l'ancien comté de Crowfoot, où le conservateur Kevin Sorenson a obtenu 84 % des votes à l'élection de 2011, une avance de presque 75 % sur son plus proche rival.

Les images de la vague de migrants qui abandonnent tout en Syrie pour tenter de rallier l'Europe, au péril de leur vie, se sont bien rendues ici. Malgré la tragédie, la plupart des militants conservateurs auxquels nous avons parlé ne veulent pas voir plus de réfugiés au Canada.

« Combien voulez-vous qu'on en prenne », demande le commerçant Mo Dhalla, qui a toujours voté pour les conservateurs. « Nous devons d'abord prendre soin des nôtres et ceux que nous acceptons, ce devraient être les bons. »

Dans la circonscription de Battleriver-Crowfoot, il y a très peu d'étrangers. Cela n'empêche pas les électeurs à qui nous avons parlé de craindre l'arrivée de trop de réfugiés, qui transformeraient la société canadienne.

Et plus près d'Edmonton, le militant conservateur Denis Hinse, de la municipalité de Beaumont, craint que l'accueil de réfugiés permette à des terroristes de se faufiler. « Il faut faire attention parce que notre sécurité est importante, rappelle-t-il. Il faut s'assurer que ces gars-là ne rentrent pas ici pour faire le trouble ».

Des doutes

Mais aussi conservatrice que soit la région, elle n'échappe pas aux doutes qu'ont certains conservateurs. Par exemple, Mike McCabe a toujours voté conservateur. Mais il pense sérieusement changer ses allégeances. Il ne fait plus confiance au chef du Parti conservateur, Stephen Harper, qu'il trouve froid face à la tragédie des migrants syriens.

« Le Canada pourrait ouvrir la porte à bien plus que 10 000 Syriens, dit-il. 10 000, c'est une goutte dans l'océan compte tenu du nombre de personnes déplacées et en danger. Nous pourrions leur offrir un refuge et en échange, ils pourraient venir travailler ici, dans des régions où on manque de travailleurs. »

Mais tant Mike McCabe que les autres admettent que la crise des migrants n'est qu'une des nombreuses considérations dont ils devront tenir compte quand ils voteront le 19 octobre.

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