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Ces groupes albertains qui font de la politique sans rendre de comptes

Avec un budget anticipé d'au moins un demi-million de dollars, le tout nouveau groupe Ensemble pour l'Alberta veut pousser les idées centristes, recruter et former de futurs candidats, bref, contribuer à transformer le paysage politique albertain, mais comme ce n'est pas un parti politique officiel, il n'aura aucune obligation de transparence.

Un texte de Laurent Pirot

« Notre mandat est d’essayer de rassembler les centristes en Alberta pour assurer qu’il y a une offre politique viable en 2019 », explique la directrice générale d'Ensemble pour l'Alberta, Katherine O’Neill. Son mouvement n'a que quelques semaines d'existence et espère réunir plusieurs centaines de personnes pour un premier événement ce samedi à Red Deer.

Ensemble pour l’Alberta fera la promotion des idées centristes et veut identifier des candidats potentiels pour les préparer à se présenter. Comme le groupe ne veut pas présenter de candidats sous sa propre bannière aux élections, il n’est pas considéré comme un parti aux yeux de la loi.

Aucune limite pour les dons

Contrairement aux partis officiels, le groupe n’est soumis à aucune limite concernant son financement ni aucune obligation de transparence. Les noms des donateurs ne seront pas publiés, affirme Katherine O’Neill : « Quand nous avons reçu ces dons, nous avons expliqué aux gens que c’était la loi. »

Ces groupes connus aux États-Unis sous le nom de comités d’action politique se multiplient en Alberta, constate le directeur adjoint d'Élections Alberta, Drew Westwater, qui y voit une conséquence du renforcement, par les néo-démocrates, des règles sur le financement des partis politiques.

L’exemple le plus marquant a sans doute été la campagne menée par Jason Kenney pour prendre le contrôle du Parti progressiste-conservateur.

L’organisme à but non lucratif baptisé Unite Alberta (Unissons l’Alberta) lui a permis de dépenser plusieurs centaines de milliers de dollars sans rendre de comptes sur l’origine des fonds. Il a cependant promis de publier ces informations en juillet.

Le député Wildrose Derek Fildebrandt a lui commencé à recueillir des fonds pour un mouvement baptisé Liberté unie pour soutenir la voix libertarienne au sein de la droite albertaine.

En dehors des partis, seuls les groupes qui veulent faire de la publicité explicitement pour ou contre un candidat ou un parti ont des obligations comme celles de publier le nom des donateurs qui versent plus de 250 $ par an ou de limiter leurs dépenses à 150 000 $ pendant une campagne électorale.

Même là, « la distinction est subtile », reconnaît Drew Westwater. Le groupe Alberta Can't Wait peut, par exemple, afficher sur la page d’accueil de son site internet un lien pour adhérer au Wildrose sans que ce soit considéré comme de la publicité politique aux yeux de la loi.

Dix-huit groupes sont enregistrés auprès d’Élections Alberta afin de pouvoir faire de la publicité politique que ce soit pendant les campagnes électorales ou en dehors.

Les dons versés à des organisations politiques qui ne sont pas des partis à proprement parler ne donnent pas droit à un remboursement d’impôt.

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