En pleine reconstruction, le NPD perd un vétéran au sein de son personnel politique. Après 19 ans de service, Karl Bélanger a annoncé mercredi son départ aux membres du caucus à Montréal. Celui qui était jusqu'en juin directeur national du parti cède sa place à Robert Fox. L'un part, l'autre arrive. Comment entrevoient-ils l'avenir de la formation politique?

Un texte de Louis Blouin

Karl Bélanger a vécu les hauts et les bas de six campagnes électorales fédérales, préparé 23 débats des chefs et côtoyé 4 chefs. Il a été proche conseiller de Jack Layton et de Thomas Mulcair. Après la défaite crève-coeur de l'année dernière, il est convaincu que son parti a besoin de changement. M. Bélanger veut laisser la place à une nouvelle génération.

Karl Bélanger ne sait pas ce que l'avenir lui réserve, mais il veut passer plus de temps avec sa famille. « Lorsqu'on fait partie du personnel politique, on rentre tard, on quitte tôt et on est sur le BlackBerry pas mal toute la soirée », dit-il. Cependant, quitter la famille politique avec laquelle il a grandi se fait avec un pincement au cœur.

L'année 2011 aura été la plus marquante de sa carrière au NPD. La fierté d'une percée sans précédent au Québec et la tristesse d'avoir perdu son grand allié, Jack Layton. Une relation spéciale unissait les deux hommes. Ils avaient même leur propre code des « trois petits coups » lorsqu'un discours de M. Layton s'éternisait. 

Le départ de Karl Bélanger survient en plein tumulte autour du leadership de Thomas Mulcair. Il est heureux de constater que le caucus s'est rangé derrière lui avant la reprise des travaux parlementaires.

Cependant, M. Bélanger ne cache pas son impatience d'assister aux premières candidatures dans la course à la direction.

Son conseil aux aspirants-chefs? « Les candidats doivent se promener, aller rencontrer les membres sur le terrain, les activistes et le public en général. » Si sa formation politique traverse une période creuse, il est convaincu qu'elle se relèvera. « On a déjoué beaucoup de pronostics au fil des années », dit-il.

Robert Fox : l'homme de la base militante

Le NPD a besoin d'argent et doit freiner l'érosion de sa base au profit des libéraux. Le nouveau directeur national, Robert Fox, en est très conscient. L'ancien directeur général d'Oxfam Canada veut aider le parti à sortir de la période de « deuil et de choc » qui a caractérisé la dernière année.

M. Fox souhaite élargir la base militante et tendre la main aux activistes à l'extérieur de sa formation politique.

D'après lui, le NPD doit déterminer des enjeux qui vont résonner auprès des travailleurs, des membres des Premières Nations ou des nouveaux arrivants, par exemple.

S'inspirer des libéraux et des conservateurs

Robert Fox admet que les libéraux sont bien servis par leur changement de ton et de tactiques. Il n'hésitera pas à s'inspirer de ses adversaires dans l'utilisation des médias sociaux, notamment. « Nous observons tout le monde : les libéraux, les conservateurs et les Américains », lance-t-il.

Le NPD devra prendre des risques selon le nouveau directeur national. Il n'est pas surpris que la course à la direction démarre lentement.

« Il est tout à fait logique que les candidats potentiels prennent leur temps, s'engagent dans des discussions et analysent les enjeux », dit-il. Il pense qu'une fois la course engagée, il sera plus facile d'intéresser les Canadiens au NPD.

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