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Chris Collins entend se défendre « bec et ongles »

Le président de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, Chris Collins, « nie catégoriquement les allégations de harcèlement » qui pèsent contre lui, a annoncé son avocat, T.J. Burke, lundi midi. Ce dernier croit que la présumée victime pourrait avoir eu des motifs politiques de nuire à son client à l'approche des élections du mois du 24 septembre prochain.

Un texte d'Anaïs Brasier

L'avocat de Chris Collins, T.J. Burke, a aussi annoncé que le politicien abandonne ses fonctions administratives de président de l'Assemblée législative, mais il reste toutefois en poste.

Jeudi dernier, Brian Gallant a affirmé que le gouvernement demanderait au Comité d’administration législative, qui rassemble des membres des différents partis politiques, de suspendre Chris Collins, le temps d’une enquête. Il a aussi exclu le député du caucus libéral.

Les membres du comité ont été convoqués pour une réunion spéciale qui se tiendra lundi après-midi. « En l’absence d’un ordre du jour, nous devons supposer que cette réunion porte sur les allégations de harcèlement alléguées contre le président », affirme Stewart Fairgrieve, député progressiste-conservateur qui siège au comité.

Mais plusieurs obstacles s’opposent à la suspension de Chris Collins, selon le politologue Roger Ouellette, notamment en raison du rôle sacré de la présidence. « Le président de la Chambre joue un rôle très important dans le parlementarisme britannique. Il représente l’indépendance du corps législatif par rapport à la monarchie et au corps exécutif. »

Une mince jurisprudence

« Jamais dans l’histoire on a eu un président d’une chambre d’assemblée législative suspendu », lance Roger Ouellette.

Au Nouveau-Brunswick, il y a déjà eu une tentative pour destituer un président de l'Assemblée législative, sous le gouvernement de Bernard Lord. Les députés avaient déposé une motion visant le président de l’époque, Michael Malley, mais la résolution n'avait pas recueilli une majorité des voix.

En Nouvelle-Écosse, en 1875, une motion similaire a été adoptée par les députés. Le président de l’Assemblée législative de l’époque avait alors remis sa démission.

Il est donc possible de pousser le président de l’Assemblée législative à démissionner ou de voter une motion pour le défaire, mais pas de le suspendre, selon Roger Ouellette.

Une décision qui doit être prise par l’ensemble des députés

Cette même jurisprudence indique que si on veut voter une résolution pour destituer le président, « c’est l’ensemble des députés qui l’ont élu qui doivent le faire », explique Roger Ouellette.

Le Comité d’administration de l’Assemblée législative ne peut donc pas, lors de sa réunion de lundi après-midi, démettre Chris Collins de la présidence.

Par ailleurs, l'avocat T.J. Burke assure que cette réunion du Comité est illégitime. Selon lui, seul le président de ce Comité peut convoquer une telle réunion. Le président de ce Conseil est, selon le paragraphe 104 du Règlement de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, le président de l'Assemblée législative, soit Chris Collins lui-même.

Le Comité a malgré tout profité de la réunion de lundi après-midi pour prendre une décision : une enquête indépendante sera menée sur les allégations de harcèlement portées contre Chris Collins.

« Nous avons donné le mandat au greffier de l'Assemblée législative d'aller chercher, [...] une tierce partie indépendante qui pourrait agir comme investigateur dans cette situation tel que l'exige la politique sur le harcèlement du gouvernement », affirme Victor Boudreau, whip du gouvernement libéral.

Les progressistes-conservateurs et les verts ont accepté cette démarche. Chris Collins a quant à lui assuré, par la voix de son avocat, qu'il compte coopérer à une enquête indépendante, mais souhaite que la victime témoigne sous serment.

Avec les informations de Michel Corriveau et Jacques Poitras

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