La députée néo-démocrate d'Abitibi-Témiscamingue, Christine Moore, a pris la parole lundi après-midi devant les médias à Rouyn-Noranda, dans sa circonscription d'Abitibi-Témiscamingue. Elle a nié les allégations d'inconduite sexuelle lancées à son égard par l'ancien militaire Glen Kirkland et a présenté des photos à l'appui.

Un texte d'Angie Landry et Tanya Neveu

Glen Kirkland affirme que la députée québécoise aurait eu un comportement inapproprié à son endroit en 2013 alors qu'il était vulnérable et qu'elle était en position d'autorité.« Je dois vous dire que j'ai été totalement sous le choc quand la nouvelle est sortie », a lancé d’emblée la députée Christine Moore.Cette dernière précise que les réactions liées à cette nouvelle ont, d’une part, été brutales.« Depuis la sortie de l'histoire, j'ai reçu des messages extrêmement méchants », a-t-elle confié lors de la conférence de presse tenue à Rouyn-Noranda.« Mais aussi, je veux remercier les citoyens d’Abitibi-Témiscamingue qui m’ont offert leur support », s’est-elle empressée d’ajouter.

Une chronologie des faits

Christine Moore a profité de ce point de presse pour dresser une chronologie des événements qui la relient à l’ancien militaire Glen Kirkland.

La députée a raconté aux médias dans quelles circonstances elle et M. Kirkland s’étaient rencontrés et dans quel contexte ils ont entretenu une courte relation amoureuse.

Christine Moore son équipe ont d’ailleurs fait circuler des photos de la députée et de Glen Kirkand ensemble lors du point de presse. Certaines photos les montrent où ils sont tous deux enlacés.Son équipe a aussi présenté aux journalistes sur place des copies du billet d'avion de Glen Kirkland qui devait venir la rejoindre à Rouyn-Noranda ainsi que les billets d'avion réservés par Christine Moore pour se rendre au Manitoba et en Saskatchewan. Les copies de billets d'avions ne peuvent toutefois être diffusées en raison de l'enquête en cours.

En 2013, Glen Kirkland avait livré un témoignage émotif en comité parlementaire sur le traitement réservé aux militaires blessés en Afghanistan. Il avait subi d'importantes blessures qui avaient laissé des séquelles.Joint par La Presse canadienne, il a affirmé que l'élue l'avait invité à son bureau après son témoignage, l'avait incité à boire du gin en dépit des médicaments qu'il prenait et l'avait suivi jusque dans sa chambre d'hôtel. Christine Moore stipule toutefois qu'elle aurait d'abord été prendre un verre sur une terrasse de la rue Sparks, à Ottawa, avec M. Kirkland et son adjoint, avant de retourner à la Chambre des communes pour voter.

« C'est absolument ridicule, il fallait que j'aille voter, a-t-elle démenti. J'ai passé trois heures à voter cette soirée-là, c'est sur vidéo. Je ne peux pas l'avoir suivi à sa chambre d'hôtel », a-t-elle confié en entrevue à La Presse canadienne.

Selon le journal des débats à la Chambre des communes, Mme Moore était en chambre à 22 h 40, ce soir-là, pour une série de votes qui se sont terminés environ une heure plus tard. La séance a été levée peu après minuit.

Elle se serait ensuite rendue à l'hôtel où logeait M. Kirkland après avoir reçu une invitation par texto et confirme avoir eu une relation sexuelle « consensuelle » avec lui.

La députée a aussi indiqué lors du point de presse de lundi que l'ex-militaire aurait démontré l'intérêt de la revoir.

Ce dernier aurait notamment acheté des billets d'avion pour se rendre à Rouyn-Noranda pour venir la visiter dans sa circonscription d'Abitibi-Témiscamingue. Ce dernier ne se serait pas rendu dans la région en raison de la découverte par son ex-femme de ce voyage.

Sachant que l'ancien militaire était en instance de divorce et compte tenu de la situation délicate dans laquelle M. Kirkland se trouvait, Christine Moore a affirmé qu'elle aurait proposé qu'elle se rende à Kenosee Lake, près de Winnipeg, pour passer du temps ensemble.

Plus tard, elle se serait rendue chez lui, à Brandon, au Manitoba, pour lui rendre visite.

Kirkland maintient sa version des faits

En entrevue à CBC, lundi, Glen Kirkland a continué de nier avoir entretenu une relation avec Christine Moore. « Si elle s’appelait Chris et moi Glenda, nous aurions une conversation différente en ce moment », a-t-il martelé.

« Regardez les faits qu’elles présentent. Elle dit que nous nous sommes rencontrés trois fois. Je suis d’accord. Comment pourrais-je l’aimer après l’avoir rencontrée seulement trois fois? » a lancé l’ex-militaire.

« Comment prouver qu’on n’était pas en relation? Je n’ai été rien d’autre qu’honnête pendant tout ce processus. Je n’ai pas porté plainte contre elle; personne ne l’a fait. C’est juste qu’elle fait perdurer ça, je ne comprends pas ce qui arrive, mais j’espère qu’elle recevra l’aide dont elle a besoin », a ajouté M. Kirkland.

Suspension

Le 8 mai, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) fédéral, Jagmeet Singh, a annoncé la suspension de la députée de ses fonctions parlementaires après que M. Kirkland eut formulé une plainte pour comportement inapproprié de la part de Christine Moore.Son adjoint de circonscription, Alain Guimond, a réitère lors du point de presse que Christine Moore poursuivait ses engagements politiques malgré qu’elle soit actuellement suspendue de ses fonctions parlementaires auprès du caucus.

Celle-ci continue tout de même son travail de députée et honore ses engagements dans la région cette semaine.

Christine a par ailleurs confirmé lors de ce même point de presse qu’elle allait poursuivre en diffamation l’ex-militaire, ainsi que trois chroniqueurs du Canada anglais, respectivement de CBC, du National Post et du Toronto Star, pour leurs propos tenus à son égard.

Le député Erin Weir expulsé

M. Singh a expulsé au début du mois le député Erin Weir à l'issue d'une enquête sur des allégations de harcèlement et de harcèlement sexuel, parce qu'il avait la veille contesté les résultats de cette investigation.C'est sa collègue Christine Moore qui l'avait accusé d'avoir harcelé plusieurs femmes, dont des employées du Parti. Elle avait précisé ne pas en avoir fait l'objet, mais M. Singh avait jugé que les allégations étaient assez sérieuses pour suspendre le député saskatchewanais.

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