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Cliniques médicales : des centaines de millions de dollars dont Québec ne peut suivre la trace

La formule existe depuis les années 80 : verser une rémunération supplémentaire de 30 % aux médecins qui pratiquent en clinique. Et pourtant, difficile de savoir si elle donne les résultats souhaités. Québec admet l'absence de reddition de compte.

Un texte de Marc Godbout

Le principe de la majoration de 30 % des honoraires des médecins et des spécialistes est clair : améliorer les services dans les cliniques pour en accroître l'accès aux patients et la productivité.

Ils sont maintenant plus de 10 300 omnipraticiens et spécialistes à y avoir droit annuellement. Le gouvernement du Québec leur a versé au moins 400 millions de dollars l'an dernier seulement.

Or, des milliards de dollars plus tard, il est presque impossible de savoir si ces 30 % servent véritablement au financement de l'organisation clinique, comme à l'embauche de personnel supplémentaire.

« Il n'y a jamais eu de reddition de compte là-dessus, ça ne veut pas dire que ça n'arrivera pas un jour », reconnaît le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette.

Québec admet qu'il doit s'y attaquer

Cette majoration des honoraires a-t-elle permis d'améliorer les services en clinique? Qu'est-ce qui garantit que ces 30 % ne vont pas dans les poches des médecins? En entrevue à Radio-Canada, Gaétan Barrette avoue que c'est un problème.

Transparence et reddition de compte : un long chemin à parcourir

Simplifier les structures, améliorer l'accès aux services et l'efficacité du système, c'est la voie sur laquelle s'est engagé le Québec et certaines provinces.

Mais pour certains experts, l'exemple des 30 % démontre que deux ingrédients sont encore trop souvent absents de l'organisation du système de santé au Canada : une plus grande reddition de compte et des outils pour mieux mesurer la performance du système.

Au moment où les ministres de la Santé provinciaux sont engagés dans un bras de fer avec Ottawa, le virage se fait toujours attendre.

Aux yeux du gouvernement fédéral, la lenteur à réformer l'organisation du système reste un frein à l'innovation et vient à l'encontre de l'esprit de l'Accord sur la santé de 2004. Et ce, malgré la hausse de 6 % des transferts fédéraux.

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