Retour

Cloutier et Lisée précisent leur position sur la laïcité

Les candidats à la direction du PQ Jean-François Lisée et Alexandre Cloutier ont été appelés à préciser leur position sur la laïcité ce matin, au lendemain d'un premier affrontement sur ce délicat dossier entre les deux hommes, survenu lors du débat de Drummondville.

Accusé par M. Cloutier d'avoir eu l'intention d'apposer des affiches sur le port de symboles religieux à l'intention des employés de l'État, Jean-François Lisée a répliqué en qualifiant l'assertion de son collègue d'« invention ».

 « Alexandre, hier, a inventé que je voulais mettre des dessins avec des photos, a continué M. Lisée. Lorsque je prends une position, je prends le temps de l'écrire de façon détaillée sur mon blogue et tout le monde peut la lire. C'est donc une invention d'Alexandre ».

Si les deux candidats proposent de revenir à l'essence du rapport Bouchard-Taylor - interdiction du port de signes religieux pour les policiers, les juges, les procureurs de la Couronne et les gardiens de prison - M. Lisée va un peu plus loin.

Il propose d'amorcer un dialogue avec les employés de l'État sur la question du port de symboles religieux, politiques ou sociaux qui se traduirait par des démarches volontaires.

M. Lisée souligne que l'État québécois n'a jamais eu cette conversation avec ses employés. Il propose de faire de la pédagogie pendant quatre ans, la durée d'un mandat électoral, et d'évaluer ensuite l'état de la question au sein de la société pour faire des ajustements le cas échéant.

« Il faut être aussi tolérant et favoriser l'adhésion », a-t-il plaidé.

« Ç'a été une adhésion aux principes de la laïcité qui était en train de s'imposer dans le discours public, poursuit-il. J'aime mieux aller dans une logique d'adhésion. »

M. Lisée invite sinon les Québécois à la discussion en ce qui concerne l'exposition des enfants aux signes religieux dans les garderies et les écoles primaires.

« Est-ce que c'est vrai ce que les pédagogues nous disent, que les enfants vont confondre la personne qui est en autorité et le symbole, qu'il soit politique, religieux ou social [qu'elle porte]? se demande-t-il. Si c'est le cas, pour les nouvelles embauches, on aura un code vestimentaire plus strict ».

Cloutier à la recherche du consensus

De son côté, Alexandre Cloutier a été interrogé mercedi sur sa décision, annoncée hier, d'abandonner l'idée d'imposer aux enseignants une interdiction des signes religieux. Une position qu'il avait pourtant adoptée en janvier 2015.

« [...] Pour moi c'est impensable qu'on puisse congédier qui que ce soit au Québec » en raison du port de signes religieux, soutient-il. Je cherche à avoir l'approche qui est la plus consensuelle, la plus rassembleuse. », a-t-il répété plusieurs fois, lorsqu'il a été interrogé mercredi sur ce sujet.

« Je pense que les membres du parti s'attendent à avoir un chef qui fait preuve de hauteur sur des enjeux aussi difficiles », ajoute-t-il. Maintenant, je reconnais d'emblée que la meilleure approche est celle de Bouchard-Taylor pour qu'on puisse enfin avancer. »

Pendant que les deux candidats monopolisent l'attention dans la course à la direction du PQ, une autre candidate, Martine Ouellet, a accusé ses deux collègues de l'ignorer pour l'isoler et l'exclure de l'attention médiatique afin de réduire la course à un duel Cloutier-Lisée.

Mme Ouellet a interpellé Jean-François Lisée devant les caméras à ce sujet.

Les deux candidats étaient d'accord pour dire qu'il y avait bel et bien une course à quatre.

« Il fallait juste que je lui dise "heille!", a-t-elle déclaré devant les caméras, une allusion à une intervention de M. Lisée dans le débat tenu à Sherbrooke plus tôt cette semaine. « Ça marche, les "heille!" », a-t-elle conclu.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Cet amateur de hockey gagne 1000$ s'il réussit à marquer





Rabais de la semaine