Retour

Coderre et Plante refusent de s'engager à taxer les panneaux publicitaires

Ils sont immenses et défigurent le paysage montréalais, s'entendent à dire Denis Coderre et Valérie Plante au sujet des panneaux publicitaires qui longent les routes de la métropole. Pourtant, les deux principaux candidats à la mairie hésitent à les taxer.

Un texte de Jérôme Labbé

L'idée avait été débattue en 2013; elle s'impose à nouveau en 2017.

Taxer les panneaux publicitaires pour mieux financer les arts; c'est là l'une des 26 recommandations émises par Culture Montréal en vue des élections municipales.

Pour discuter de ses propositions, le réseau avait invité les deux principaux candidats à la mairie, jeudi soir, au Monument-National. La soirée était animée par le journaliste Michel Désautels, qui a notamment fait valoir que Toronto et Vancouver taxent déjà les panneaux publicitaires sur leur territoire.

Mais pour le maire sortant Denis Coderre, cette option est exclue, pour le moment.

M. Coderre souhaite plutôt utiliser d'autres moyens, comme des crédits de taxes, pour aider financièrement le milieu culturel. Il souligne aussi que la loi sur le statut de métropole, adoptée par l’Assemblée nationale il y a deux semaines, accorde à Montréal une capacité subventionnaire ainsi qu’une enveloppe de 50 millions de dollars pour le développement économique.

Sa principale adversaire, Valérie Plante, semble plus ouverte à taxer les panneaux publicitaires, mais évalue d'autres mesures.

Il s'agit en fait d'un dilemme cornélien, selon Christine Gosselin, candidate de Projet Montréal au poste de conseillère de ville dans le district du Vieux-Rosemont, qui accompagnait Valérie Plante sur scène, jeudi soir.

« On est d'accord que ça prend des redevances, mais il ne faudrait pas en arriver à une position où on doit garder les panneaux publicitaires qui bloquent les vues sur nos rives parce qu'on en tire des redevances », a-t-elle expliqué.

Denis Coderre et Valérie Plante ont par ailleurs affirmé qu’ils souhaitaient faire passer le financement du Conseil des arts de Montréal de 15 à 20 millions de dollars par année. Ce sera réalisable dès l’an prochain, a promis la chef de Projet Montréal, alors que le maire sortant s’est fixé comme objectif « 2020 ou 2021 ».

La grande séduction du milieu culturel

Les entretiens de jeudi soir ont donné l’occasion à Denis Coderre de rappeler plusieurs des promesses incluses dans sa plateforme électorale, comme celle « d’assurer une représentativité des cultures autochtones [...] dans les projets soutenus par la Ville ».

Plus tôt dans la journée, il avait également promis de « doubler le financement accordé [aux festivals et aux événements] qui favorisent la rencontre et le partage des expressions de la diversité culturelle montréalaise ».

Projet Montréal, pour sa part, n’a pas encore dévoilé officiellement ses engagements en matière de culture.

Valérie Plante et Christine Gosselin ont toutefois promis jeudi soir de limiter le coût de la carte d’Accès Montréal à 10 $ pour les enfants de 12 ans et moins et de nommer un « responsable de la vie nocturne », qui devra notamment se pencher sur les heures d’ouverture des bars et sur les enjeux qui s’y rattachent en matière de transport et de sécurité, par exemple.

Plus d'articles

Commentaires