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Conflit du bois d’œuvre : Québec fait pression sur Ottawa

Le fédéral est pressé d'agir par le gouvernement du Québec et par l'industrie forestière dans le conflit du bois d'œuvre avec les États-Unis. Vendredi, l'inquiétude a monté d'un cran quand un lobby américain a déposé une plainte contre les exportateurs canadiens auprès de la Commission du commerce international des États-Unis.

L’accord sur le bois d’œuvre entre le Canada et ses voisins du Sud est expiré depuis octobre 2015. Faute d’une nouvelle entente, cette plainte pour concurrence déloyale était attendue. Les producteurs canadiens risquent bientôt de se faire imposer une surtaxe sur leurs exportations. Cette surtaxe représente une menace pour l’industrie forestière québécoise.

Puisque les décisions se prendront entre les gouvernements d’Ottawa et de Washington, les ministres des Forêts et de l’Économie, Luc Blanchette et Dominique Anglade, tentent maintenant d’influencer le fédéral.

Il n’en reste pas moins qu’il y a un impact considérable sur l’économie du Québec. C’est 60 000 emplois que nous avons dans l’industrie.

Dominique Anglade, ministre de l'Économie du Québec

Ils souhaitent notamment qu’Ottawa exige des autorités américaines qu’elles mènent leur enquête province par province plutôt que de choisir quelques compagnies canadiennes. Le Québec et ses particularités risqueraient de passer sous le radar dans le cas contraire.

Le gouvernement fédéral est également appelé à mettre en place un programme de garanties de prêt pour soutenir les producteurs forestiers contre les pénalités imposées à la frontière pendant la durée du litige.

Le gouvernement Trudeau contre le protectionnisme de Trump

Ce cinquième conflit du bois d’œuvre entre les deux pays depuis les années 80 promet encore une fois de s’éterniser et de coûter cher aux producteurs canadiens.

Chaque fois, bien que les tribunaux aient donné raison au Canada, les États-Unis ont réalisé des gains importants. Les négociations à venir suscitent encore des craintes, d’autant plus que le futur président Donald Trump s’est montré très peu enclin au libre-échange.

Nous avons une très grande inquiétude et on craint des pertes d’emplois. Dans un climat d’incertitude, les entreprises seront très réticentes à investir pour se moderniser, ce qui va engendrer une hausse de leurs coûts de production.

Renaud Gagné, directeur québécois du syndicat Unifor

Dans ce contexte, les ministres Blanchette et Anglade répondent que l’action se fait sur deux fronts, soit par une influence auprès du fédéral et par la voix du négociateur, Raymond Chrétien, choisi par Québec pour représenter les intérêts québécois au sud de la frontière. Il se rendra d’ailleurs aux États-Unis du 5 au 8 décembre pour rencontrer des représentants américains.

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